Antonio Gramsci, Maurice Barrès, Commune

Un inédit d’Antonio Gramsci : « Maurice Barrès et le nationalisme sensuel » 

Alors que le centenaire de la mort Maurice Barrès suscite dans une certaine presse un retour en grâce de cet écrivain antisémite, Commune publie à son propos un texte inédit d’Antonio Gramsci – traduit et présenté par Anthony Crézégut. Dans cette étonnante diatribe, le philosophe italien, bon connaisseur de la littérature française, s’en prend au « rhéteur de l’impur et de l’obscène » et pointe l’influence des idées réactionnaires de Barrès sur le nationalisme italien. Nous sommes en 1918, quatre années seulement avant son triomphe et la prise du pouvoir par Benito Mussolini…

« Avez-vous lu Barrès ? »

Le centenaire de la mort de Maurice Barrès a suscité certaines réhabilitations de cet auteur quelque peu forclos [1]. On pense au Figaro, sous la plume d’Eugénie Bastié commentant l’ouvrage collectif dirigé par Antoine Compagnon [2], entre autres. Que Barrès ait du style, que son héritage politique soit plus ambigu qu’on ne le présente habituellement est indéniable. Il suffit de penser à l’influence souterraine et profonde qu’il eut sur Aragon, les transversales vives avec André Gide, ou encore son soutien aux nationalistes tunisiens du Destour alors qu’il publie son dernier livre Un jardin sur l’Oronte qui suscitera l’ire des catholiques traditionnels et des milieux réactionnaires.

Le texte du jeune Antonio Gramsci que l’on propose de rendre accessible aux lecteurs de langue française permet à la fois de rendre hommage à son génie troublant et de percer la synthèse morbide qu’il préfigure. Ce qui intéresse Gramsci n’est pas tant l’œuvre littéraire, son esthétique et son style, que la conception du monde qu’elle recèle. Pas tant celle idiosyncratique de l’auteur que la mesure dans laquelle cette conception du monde peut contribuer à créer un nouveau mouvement politique. En embrochant Barrès et une jeune-garde nationaliste italienne, celle des d’Annunzio et Corradini, Gramsci a la prescience de ce que sera le fascisme qui vient. Il écrit en 1918 et le fascisme naît officiellement en 1919, par l’entreprise romantique de D’Annunzio sur Fiume.

Ce que critique Gramsci en Barrès, c’est sa synthèse d’un esprit du moment, un Zeitgeist. L’auteur de L’Âme française et la guerre se veut pourfendeur de la décadence de la civilisation occidentale or il en est l’incarnation. Il cherche des compensations à la perte de sens, religieux et métaphysique, il n’en trouve aucune. Il sombre dans un décadentisme fin-de-siècle, un nihilisme absolu obsédé par la mort, le sang, la violence, si ce n’est le stupre ou la « porcherie » comme dira Gramsci. Contre un siècle déshumanisant, il ne produit qu’une déshumanisation au carré. Barrès, paladin de la lutte antigermanique, ne livre qu’un nietzschéisme abâtardi tout en singeant le pire du nationalisme germanique, ce culte du Blut und Boden, transfiguré dans La Terre et les Morts.

Cet article est publié en mars 1918, dans le journal socialiste Il Grido del Popolo, reproduit dans l’édition piémontaise du journal officiel du PSI (Parti socialiste italien), Avanti. Gramsci a alors vingt-sept ans. Il ne faut pas oublier qu’il a publié son premier texte, « Neutralité active et opérante », en 1914 en réponse à un fameux article de Mussolini, alors directeur de l’Avanti, « De la neutralité absolue à la neutralité active et opérante », qui marque la rupture mussolinienne avec le socialisme pacifiste et internationaliste, et amorce un tournant nationaliste. L’article du tout jeune Gramsci, vingt-trois ans, est alors ambigu, ni nationaliste ni belliciste, mais non sans convergence avec l’interventionnisme de Mussolini dans la guerre. Cet article de 1918 est aussi une façon de régler ses comptes avec l’évolution de Mussolini et avec sa propre ingénuité en 1914.

Le contexte est bien celui de la Grande Guerre. Et Gramsci fait le bilan de Barrès autant que de Mussolini et ses fidèles promis à un long avenir en Italie. L’œuvre de Barrès trouve une triste finalité dans cette guerre, orgie des passions refoulées, révélateur d’un malaise dans la civilisation européenne. L’écrivain n’a pas livré un antidote à la folie moderne, mais il l’a exaltée, avec son culte de la violence expiatrice. Ce contexte de la guerre se retrouve dans l’article de Gramsci, dans les passages censurés, en vertu du Regio Decreto 675, du 23 mai 1915, acté par l’État italien, permettant de censurer des passages encourageant au défaitisme, à la critique des autorités militaires et même politiques.

Dans ce tableau dressé par Gramsci, il ne faut pas oublier l’hommage qu’il rend à Benedetto Croce, un de ses maîtres. Le « pape du libéralisme », comme on l’appelait en Italie, a fourni le cœur de cette démolition du « nationalisme sensuel » de Barrès, dans un article de la Critica, que Gramsci commente en un véritable palimpseste. On y retrouve la grandeur de Croce, son libéralisme intransigeant, son humanisme absolu, son acuité critique, lui permettant de ne jamais être dupe des artifices préfascistes et fascistes en action.

Gramsci lit Barrès à travers les yeux de Croce. Dans ces regards croisés, le lecteur d’aujourd’hui pourra apprécier l’héritage de Barrès.

Un siècle après sa mort en décembre 1923, l’hégémonie en France, culturelle ou politique, penche de plus en plus à droite. Certains écrivains ou polémistes, que les lecteurs pourront identifier, semblent renouer avec son héritage, peut-être la partie la plus vile et non la plus élevée.

Anthony Crézégut

NB. Cet article, publié dans Il Grido del Popolo[3] du 2 mars 1918, republié dans l’édition piémontaise d’Avanti, journal du Parti socialiste italien, du 10 mars 1918 et signé A.G., fait partie des traductions de l’auteur pour un projet d’une édition anthologique des textes du jeune Gramsci, bien au-delà des quelques textes de jeunesse publiés chez Gallimard, en collaboration avec les éditions Bouquins.


[1] Après La Colline inspirée, Le Roman de l’énergie nationale (I. Les Déracinés ; II. L’appel au soldat ; III. Leurs figures) et La grande pitié des églises de France, La Délégation des Siècles a réédité en 2023 Autour de Jeanne d’Arc (Editions Champion, 1916), dans un volume comportant en outre Les traits éternels de la France et La terre & et les morts.

[2] Antoine Compagnon (dir.), À l’ombre de Maurice Barrès, Paris, Gallimard, « L’Esprit de la cité », 2023.

[3] Il Grido del Popolo était un hebdomadaire socialiste turinois fondé en 1892 par les ouvriers typographes, syndicalistes locaux. Régulièrement victime de la censure étatique, dès avant la guerre, il rencontre un certain succès dans les milieux ouvriers et intellectuels turinois. C’est dans ces colonnes que le jeune Gramsci commence à écrire, dès 1915, et à développer ses portraits au vitriol de la médiocrité de l’élite politique de son temps, avec sa fuite en avant, dans la folie guerrière et l’hybris nationaliste.

Maurice Barrès et Paul Déroulède

Maurice Barrès et le nationalisme sensuel

Le nationalisme italien est né comme un phénomène littéraire, et en Italie les phénomènes littéraires sont d’importation française. On importe la pire des littératures, celle qui frappe plus que tout l’imagination provinciale des Italiens, celle qui en appelle à leur mauvais goût, qui satisfait leur sens superficiel de l’étrangeté, leur sensualisme privé de tout contenu moral, de toute spiritualité profonde [dix lignes censurées]. Le nationalisme italien, nous l’avons déjà écrit, a bien changé, il s’est rapproché du monde des affaires (mais pas de celui de la production). Il est devenu une activité financière mafieuse, qui ne se différencie de la vieille camorra qu’en se dotant d’un principe d’organisation et de convergence des forces. La vieille mafia financière était chaotique, volage, désordonnée, le nationalisme propose une mafia systématique et organisée. C’est indubitablement un progrès.

Mais les origines continuent à travailler dans le présent. Si on ne connaît pas les origines on ne réussit souvent pas à comprendre certaines positions singulières, certaines attitudes dans le monde des idées. Le pape de notre nationalisme est toujours Enrico Corradini, lettré typiquement italien. Dans son œuvre, c’est la mélodie verbeuse qui l’emporte sur la pensée, la belle phrase sur la logique, le sensualisme sur la compréhension humaine de la vie. Enrico Corradini [1] est le Maurice Barrès italien, inférieur à son modèle français, tout comme sont inférieurs, dans leur créativité intellectuelle, les écrivains nationalistes italiens par rapport aux français, exception faite de Léon Daudet qui, par sa vulgarité, ses airs de gros tambour, peut bien être comparé à Tomaso Monicelli [2] et à Luigi Federzoni [3].

Dans le dernier numéro de la Critica [4], Benedetto Croce consacre à Maurice Barrès et au nationalisme sensuel une brève mais succulente étude que nous résumons, justement parce que la connaissance de l’écrivain et du phénomène français peut servir à connaître les écrivains et le phénomène italien qui en dépendent directement.

Barrès, dans son œuvre littéraire, révèle au chercheur une âme qui ne recèle fondamentalement qu’un fourmillement de tendances malsaines qui se veut la posture d’un esprit supérieur, exacerbées par sa sensibilité politique et nationaliste, par sa doctrine éthique et historique. Ce n’est que par un sursaut de lucidité, d’intelligence que ses sensations primaires et morbides parviennent à simuler de grands sentiments, de grandes idées. On est dans le pastiche de Stendhal. Mais l’égotisme stendhalien aspire à la grandeur, aux actions trépidantes, à la domination politique, à des passions extraordinaires. Chez Barrès, l’égotisme devient culte du moi, qui s’épuise dans « certains frissons, que le monde ne connaît ni ne peut voir, et qu’il nous faut multiplier en nous » [5]. Ses héros ne voient pas l’intérêt du socialisme, tout cela n’est qu’un « question de ventre ». Ils se sont déjà occupés du « ventre », ils ont satisfait leurs besoins matériels, ils ont déjà cueilli tous les fruits que le socialisme pouvait offrir. Ils aspirent désormais à « procurer à leur sensibilité les satisfactions psychiques qu’elle réclame » [6]. Leur problème n’est pas « que faire » mais « comment jouir ? » : le plaisir est tout pour eux. Si l’égotisme stendhalien était une folie, le culte du moi barrésien est une porcherie.

Les livres de Barrès sont plein de ces cochonneries : le goût de l’inceste, les amours simultanés et joués sur différents registres, la luxure alliée au sang, les voluptés sacrilèges, criminelles et crapuleuses, l’image de l’amour unie à celle de la destruction, de la décomposition, de la mort et du cadavre. Que pense Barrès de l’homme ? Voilà comment il décrit sa jubilation lors d’une corrida : « Su sang versé se lèvent des esprits subtils, s’exhale une vapeur pénétrante qui réveille en nous la bête carnivore. C’est un bain de jouvence pour l’humanité, de la plus jeune jeunesse, encore proche de l’animalité ». Son héros Sturel, en rodant dans les bas-fonds parisiens pense : « J’ai certes mes qualités individuelles, car aucune fleur qui éclôt dans le monde n’est identique aux autres fleurs, mais je plonge mes racines dans ce qui est commun à tous les hommes et je n’apparais qu’aux regards les plus pénétrants. Je participe à l’animalité. Nous, les hommes, sommes nés à l’origine pour mordre, agresser, lacérer » [7].

Le substantiel, l’originaire, l’essentiel n’est pas pour Barrès la spiritualité, l’humanité, mais le frémissement de l’animal, note Croce, en fait l’homme perverti et non l’animal réel, qu’il conviendrait de ne pas calomnier comme on le fait trop souvent.

Certains, face à cette démesure, ont prétendu que Barrès ironisait. Mais il n’y a pas d’ironie chez Barrès, il n’a pas triomphé de l’état d’esprit qu’il décrit, il n’y a trouvé aucun substitut. Barrès n’est qu’un homme lucide, qui a le vice en lui, qui ne peut s’empêcher de s’épancher. Alors, pour ne pas s’attirer l’opprobre public et provoquer le scandale, il parle de son vice avec un certain raffinement, avec l’habileté de l’homme du monde. Il n’est pas même un artiste, juste un rhéteur de l’impur et de l’obscène, qui ne réussit qu’à nous troubler, jamais à nous apaiser comme y parviennent les artistes, même lorsqu’ils parlent de choses immondes : Barrès n’expose pas un imaginaire esthétique, tout juste une imagination libidineuse.

Comme tous les sensuels tristes, Barrès ressent de l’antipathie pour l’action pratique, particulièrement pour la politique, tout particulièrement lorsqu’elle est rationaliste et démocratique. Cette politique est intellectualiste et unilatérale, et elle s’oppose à son sensualisme, tout aussi unilatéral. Il saisit ainsi bien des défauts de la démocratie bourgeoise, fanatique et hypocrite, souvent plus fanatique et hypocrite qu’un cléricalisme avec qui elle ne partage qu’une intolérance qui va de pair avec son opportunisme. Mais quand il veut esquisser une contre-politique, une contre-doctrine, sa critique négative retombe dans les travers de son tempérament. À la doctrine de l’âme abstraite, propre aux rationalistes et aux démocrates, il oppose une doctrine de l’âme régionale et nationale. Une bien vieille doctrine, née au début du XIXe siècle en réaction aux Lumières et au jacobinisme, fondée sur le concept de l’universel comme concrétude et individuation. Elle ne s’oppose pas catégoriquement à l’« humanité » des Lumières, mais à sa forme abstraite, et donc l’intègre en la corrigeant. En effet la nation et la région, détachées du concept d’humanité, ne signifient rien, rien d’humain et rien donc qui n’ait de valeur. Leur valeur consiste dans le fait de proposer à l’homme politique la matière concrète à élaborer, celle-là et pas une autre, l’humanité concrète qui vit en un certain lieu et un temps donné, avec ses besoins particuliers, avec son économie particulière, sa culture particulière.

Barrès n’est pas capable de parvenir à ce concept de nation et de région. On a pu voir combien l’égotisme stendhalien s’est transfiguré dans son culte du moi. On constate la même conversion en lui pour ce qui est de l’« humanité concrète ». Les résidus de spiritualité se sont évaporés, ne reste que le pur élément sensuel. Le territoire, paysage des amours tristes, lubriques, bestiales, devient le paysage où frémissent les âmes des ancêtres, et qui détermine la mission qui incombe à ceux qui y naissent. Les citoyens doivent être des « animaux régionaux » et plus des « hommes ». Ainsi le nationalisme, tout comme l’homme, plonge ses racines, son éternelle jeunesse, dans la « bête », et le culte du moi régional n’est qu’un moment qui ramène au culte du moi. Il n’expose donc qu’un nationalisme sensuel, fondé sur des charmes animalesques et instinctifs, une doctrine de la décadence, et non de la jeunesse, parce qu’il ne trouve aucun point d’appui dans la critique politique, il ne peut être dépassé car il ne contient rien de spirituellement vivant. La doctrine démocratique bourgeoise est supérieure au nationalisme, certes elle est dépassée mais elle permet précisément d’envisager le passage à une forme doctrinale plus élevée.

Qu’on compare l’œuvre littéraire de Maurice Barrès à celle de Gabriele d’Annunzio, d’Enrico Corradini et des nationalistes italiens, et que l’on confronte ensuite les théories politiques. La conclusion de la critique que fait Croce du nationalisme français peut être étendue au nationalisme italien, sans qu’il n’en reste une trace significative dans le présent. Les traces significatives se trouveraient plutôt du côté français, car subsiste en eux une once d’intelligence, de bon goût, d’esprit, tout ce qui manque aux nationalistes italiens.

Antonio Gramsci

Il Grido del Popolo, 2 mars 1918.

Traduction de l’italien par Anthony Crézégut


[1] Enrico Corradini (1865-1931) fut un des théoriciens du nationalisme italien, animateur du journal L’Idea nazionale où il défend une politique ouvertement impérialiste à l’international à partir de la guerre en Libye en 1912, avec un déplacement de la pensée marxiste, de la lutte des classes, vers la lutte entre « nations prolétaires », dont ferait partie l’Italie parmi les nations jeunes ou émergentes, et « nations bourgeoises » (ou « ploutocratiques ») comme la France et le Royaume-Uni.

[2] Tomaso Monicelli (1883-1946) est d’abord un journaliste, critique littéraire proche des courants syndicalistes révolutionnaires, collaborant à des journaux socialistes dont l’Avanti. A partir de la guerre en Libye, en 1912, puis lors de la Première guerre mondiale, il devient un ardent nationaliste, collaborant à l’Idea nazionale de Corradini. Il soutint dès le départ le mouvement fasciste mussolinien même s’il prit ultérieurement ses distances face à la dérive totalitaire et terroriste du régime.

[3] Luigi Federzoni (1878-1967) est un journaliste qui fut un des fondateurs avec Corradini de l’Association nationaliste italienne (ANI) puis du journal L’Idea nazionale. Député nationaliste, inscrit dans le groupe libéral en 1919, il sera un des cadres du régime fasciste, signataire du Manifeste des intellectuels fascistes en 1925, ministre de l’Intérieur et des colonies entre 1924 et 1928, et enfin président du Sénat de 1929 à 1939.

[4] La Critica, Rivista di letteratura, storia e filosofia [La Critique. Revue de littérature, histoire et philosophie] est une revue fondée par Benedetto Croce en 1903 à Naples. Elle vise à offrir au public des critiques de livres italiens et étrangers contribuant au débat d’idées, dans un esprit libéral de dialogue constructif mais critique. Grâce à l’action de Croce, c’est là que les sommets de la pensée italienne et européenne seront discutés et critiqués, du néo-positivisme au décadentisme, c’est dans les colonnes de la revue qu’une jeune génération italienne se formera intellectuellement à une pensée exigeante et éclairée.

[5] Maurice Barrès, Un Homme libre, Paris, Perrin, 1889, p.107

[6] Maurice Barrès, L’ennemi des lois, Perrin, 1893, pp.195-196. Le personnage d’André Maltère, dans L’Ennemi des lois – sorte de réponse pastichée à l’André Walter de Gide – incarne cet égotisme évoqué par Croce et Gramsci, ce culte du moi, ce surhomme qui refuse toute Loi collective s’imposant à la puissance du Moi, menant à une critique radicale, anarchisante, de la doctrine socialiste.

[7] Maurice Barrès, Leurs figures (tome 3 du Roman de l’énergie nationale), Paris, Félix Juven, 1903, p.177. Dans ce roman, œuvre de démolition de la IIIe République parlementaire, François Sturel incarne un personnage stendhalien, sorte de double de Barrès, dont l’héroïsme désespéré ne mène qu’à porter un regard désabusé sur la médiocrité de l’élite politique de son temps tout en se révélant impuissant dans sa capacité politique.