Margaret Tchatcheuse — Commune

Margaret Tchatcheuse, punk de proximité

Avec son nom à double fond, le groupe rennais Margaret Tchatcheuse fait claquer la pop contre le punk. À trois voix, deux guitares et une batterie, le trio raconte des chroniques drôles, parfois absurdes, du quotidien.

Margaret Tchatcheuse : d’abord un jeu de mot, ensuite un hommage à Margaret, grand-mère d’un des membres, enfin une référence au développement du punk dans le contexte des luttes sociales en Angleterre. Le trio rennais, trois voix, deux guitares et une batterie, croise punk et pop.

Interrogés sur leurs références musicales, Adrien Morice et Mogan Picq, guitaristes et chanteurs de Margaret Tchatcheuse, mentionnent des groupes punks créés en France dans les années 80 ou 90, Les Wampas, Ludwig von 88 et Zabriskie Point (dont le chanteur et parolier n’était autre que François Bégaudeau). À l’écoute de Margaret Tchatcheuse, on pense aussi à un groupe né en 1995, élégamment nommé Les vieilles salopes, dont la voix particulièrement mise en avant chantait des paroles aussi décalées que celles des jeunes bretons.

Les textes sont généralement réalistes, souvent comiques, parfois absurdes. Ils évoquent un portefeuille perdu à la gare Montparnasse, la peur des canards situés dans le parc Oberthür à Rennes ou le fait de porter les mêmes chaussettes que la veille. En guise d’exception, Les yeux volcan est issu d’une écriture automatique : « À la lisière du bois / Toi tu ne sais pas pourquoi / Les petits enfants ont les yeux volcans / Tu souffles sur tes doigts / Sans savoir pourquoi / Tout au fond du volcan / Tombent les enfants ».

Dans leurs chansons, les jeunes rennais semblent se cacher derrière l’humour comme d’autres derrière l’anglais. Leur hymne-hommage à la ville de Vezin-le-Coquet ose d’ailleurs poser la question : « Pourquoi tu chantes en anglais / T’es à Vezin-le-Coquet / T’aurais sûrement l’air moins con / Si tu chantais en breton ».

En mentionnant de nombreux lieux de la vie sociale rennaise dans les textes de ses morceaux comme le fait le groupe new wave Gwendoline, qui est à la gauche rennaise ce que Fauve fut à la bourgeoisie parisienne, Margaret Tchatcheuse raconte les habitudes et le quotidien d’une jeunesse relativement précaire et inquiète par moments.

Après Carte postale, opus de 4 titres enregistré en un week-end et disponible depuis octobre 2024, Margaret Tchatcheuse vient d’annoncer la sortie prochaine d’un nouvel EP, Nul si découvert. Le premier single, Britney, décritla façon dont le désespoir peut pousser à considérer la quête de célébrité comme une solution : « J’ai fini Le Canard, je rachèterai pas le prochain / C’était un peu cher et je comprends pas tous les articles / Mon bureau de tabac est fermé le mercredi / Mon jour de congé, je vais pas pouvoir acheter mes clopes / Je veux être une star de la télé ».

Quant à la notoriété de Margaret Tchatcheuse, elle se construit actuellement dans le cadre d’une tournée bretonne dont le point d’orgue sera un concert gratuit à l’occasion des Transmusicales de Rennes, le samedi 6 décembre, au Liberté. La salle peut accueillir 2 500 personnes, une nouveauté pour ce groupe relativement jeune.

Vivian Petit