Philippe Schweyer - Médiapop - Commune

Philippe Schweyer, éditeur : « J’ai publié des livres par amitié, par coup de cœur »

Éditeurs au travail — Philippe Schweyer, Médiapop

Face à la domination des écrans, l’avenir du livre est un des grands sujets de la décennie. Commune poursuit ici sa série d’entretiens « Éditeurs au travail » avec des hommes et des femmes qui animent des maisons d’édition indépendantes. Philippe Schweyer a créé Médiapop en 2009 : une petite maison mulhousienne engagée qui, d’audace en succès, est désormais entrée dans la cour des (presque) grands.


À l’origine, vous avez créé la revue Novo. Racontez-nous.

Après avoir quitté l’entreprise strasbourgeoise qui m’a permis de découvrir le fonctionnement d’un magazine culturel, j’ai commencé par lancer à Mulhouse une activité d’agence de com. L’idée était de faire travailler des graphistes au service des collectivités et des structures culturelles pour assurer mes arrières et me donner les moyens d’éditer un nouveau magazine. Je n’avais pas d’argent. Je n’en ai toujours pas ! La société a été créée avec 1000 euros de capital, dont 700 de moi et 300 de Bruno Chibane avec lequel je coédite Novo depuis 2009. On peut dire qu’on a réussi notre coup puisqu’on arrive aujourd’hui au numéro 75. À cette époque, c’était la presse qui m’intéressait plus que tout. On était quatre garçons dans le vent, jeunes et beaux (Emmanuel Abela le rédac-chef, Lionel Shili le directeur artistique, Bruno et moi). L’idée était de se faire plaisir avant tout, en vendant des espaces publicitaires aux structures culturelles de la région. Avant de se lancer, on ne voulait pas faire d’études de marché ou partir des envies des annonceurs potentiels. Au contraire, on souhaitait partir de nos propres envies et faire un magazine sans concession, sans publirédactionnel. C’était vraiment : ça passe ou ça casse !

Qu’est-ce qui a mené à la création des éditions Médiapop ?

Quand on fait des magazines, on est en contact avec tout un écosystème de photographes, d’illustrateurs. Rapidement, j’ai eu l’idée de lancer une collection autour de la musique que j’ai appelée « Sublime », un nom que j’avais proposé pour le magazine et que j’aimais bien. J’ai commencé fin 2009 par un livre avec un graveur rock et un poète musicien qui avaient une chronique dans Novo. J’imaginais faire un livre par an, ou un tous les deux ans. Et puis quelques mois après la parution de ce premier livre, je suis allé à Besançon voir une expo de Bernard Plossu, un photographe que j’aimais. Je lui ai proposé de faire un livre et il m’a parlé des reportages sur les hippies qu’il avait publiés dans Rock & Folk en 1970 et 1971. Ça a fait tilt. J’ai acheté sur eBay les vieux numéros de Rock & Folk et j’ai retapé les articles. Il a retrouvé des photos au grand-angulaire de cette époque, avec Joan Baez ou Henry Miller à San Francisco et à Goa. On a travaillé main dans la main et publié un petit livre, Far Out !. Ça a été le point de départ pour Médiapop. Il y a eu un écho national, un gros article dans Libé, des choses un peu partout, ça m’a donné confiance. J’avais un diffuseur-distributeur associatif basé à Strasbourg, et je me suis rendu compte que je pouvais sortir de ma ville et de ma région, et vendre des livres à Nantes, Toulouse, Paris. Ensuite, ça a été l’effet boule de neige. Une rencontre en entraîne une autre : des photographes m’ont contacté pour d’autres livres, et ça n’a jamais arrêté. Chaque livre en amène d’autres. Très vite on m’a proposé des projets qui n’avaient rien à voir avec la musique, ça a démarré avec Cloé Korman qui venait de recevoir le Prix du livre Inter. Elle m’a proposé des textes écrits par des lycéens de la Courneuve, c’est devenu La Courneuve, mémoires vives. Comme ce livre n’avait rien à voir avec la musique, j’ai lancé la collection « Ailleurs », puis très vite j’ai aussi édité des livres hors collection.

Ce nom de Médiapop, d’où vient-il ?

Pour moi, « pop », ça a un côté personnel : à Mulhouse quand j’étais lycéen, une copine m’a surnommé Popov, et il y a toujours des gens qui m’appellent comme ça. Le pop art, la pop musique : le côté pop me correspond. Quand j’ai lancé la maison d’édition, je n’ai pas voulu lui donner un autre nom que celui de l’agence, c’est déjà assez compliqué de se faire connaître. D’ailleurs, en 2014, quand j’ai monté une maison de disques, je l’ai appelée Médiapop Records. Ce nom de Médiapop, un auteur m’a dit un jour qu’il ne trouvait pas ça très poétique. Il aurait préféré être publié aux « Éditions du Chemin Tordu » ou « de la Tour Penchée » ! Mais finalement, un nom c’est un nom, Gallimard ça ne veut rien dire.

Vous avez notamment publié de petits ouvrages d’écrivains ou de journalistes sur le club de foot de leur cœur. Notre contributeur Vivian Petit est ainsi l’auteur chez vous de Ciel et Marine, sur Le Havre Athletic Club et l’importance de ce club doyen du football français dans ce territoire ouvrier. Comment avez-vous eu l’idée de cette série ?

En fait j’ai été fan de foot quand j’étais gamin. C’était l’épopée des Verts : Saint-Étienne, c’était un club populaire, un « petit » qui finissait toujours par perdre en coupe d’Europe. En discutant avec un écrivain que je publie, Christophe Fourvel, fan de l’OM, on a eu l’idée de demander à des écrivains de parler de leur club de cœur, de raconter leur rapport au club. C’est comme ça que j’ai créé cette collection, « Le club des écrivains ». Ce qui marche le mieux, ce sont les petits clubs : Le Havre, Sochaux. Le livre sur Sochaux raconte l’histoire de Peugeot, qui a abandonné le club pour le vendre à une entreprise chinoise. Les ouvriers du coin se sont sentis trahis. Ces livres, ça ne parle pas que de ballon rond. En fait, le succès des livres est inversement proportionnel à la taille du club. Celui sur Metz a très bien marché, moins celui sur le PSG, club pour lequel il y avait déjà beaucoup d’ouvrages.

Vous publiez également de la littérature contemporaine ?

Si ça ne tenait qu’à moi, j’aimerais bien ne faire que ça. Sauf que l’expérience m’a appris que publier de la littérature, quand on est un éditeur pas très connu et qu’on publie des auteurs pas très connus, c’est très difficile. C’est beaucoup plus facile de faire un livre sur un jeune Afghan qui raconte son parcours après avoir traversé l’Iran, la Turquie, la Grèce et l’Italie. Là, les gens ne regardent pas l’éditeur mais s’intéressent au sujet. Un roman, les gens vont l’acheter chez les éditeurs auxquels ils font confiance et qui publient déjà des auteurs qu’ils aiment. C’est très dur de se faire une place. Mais j’ai quand même publié des romans, des nouvelles. Le chanteur Dominique A m’a par exemple contacté pour me proposer de publier un petit livre sur Philippe Pascal, le chanteur magnétique du groupe Marquis de Sade, disparu brutalement. C’est un tout petit livre qui s’appelle Fleurs plantées par Philippe et qui parle d’un chanteur que peu de gens connaissent et pourtant on en a vendu près de 3000 exemplaires !

Quels sont les titres de votre catalogue que vous considérez comme de belles réussites ?

Far Out ! dont je vous ai déjà parlé, mais aussi Îles grecques, mon amour de Philippe Lutz. Il m’avait passé son manuscrit à l’occasion d’une exposition de Bernard Plossu. J’ai laissé traîner le manuscrit à côté de mon lit pendant des mois et des mois. Un jour je me suis dit : « Faut que je lui réponde, à ce monsieur, ça commence à devenir pas très poli. » J’ai jeté un œil au manuscrit, j’ai trouvé que c’était très bien écrit. Même si je m’en fichais un peu de la Grèce, j’ai senti qu’il y avait quelque chose dans ce texte. J’ai publié ce livre avec des photos de Plossu parce que je pensais que le texte ne suffirait pas à attirer les lecteurs. À ma grande surprise, c’est un livre qui a très bien marché. Ça correspondait à une demande : les gens qui flânent en librairie indépendante, un certain type de public qui va en Grèce et qui a les moyens d’acheter des livres. En tout cas, c’est ce que j’imagine. Le livre a même eu le Grand prix du livre insulaire à Ouessant en 2013. À l’époque, je n’avais pas une vraie diffusion-distribution, et pourtant c’est un livre que j’ai bien vendu, que j’ai fait réimprimer plusieurs fois et que je m’apprête à rééditer.

C’est toujours difficile de prédire le succès ou l’insuccès d’un livre… 

J’en suis incapable. J’ai édité des livres à la suite de rencontres, par amitié, par coup de cœur, parfois parce que j’avais un bon feeling avec l’auteur, mais jamais vraiment en me disant « ça va faire un best-seller ». Ce n’est que depuis récemment que je réfléchis davantage commercialement. Maintenant, je refuse certains projets parce que je sais que ça ne va pas marcher, que ça va me bouffer du temps, de l’argent, que ce n’est pas raisonnable.

Parlons métier. Vous êtes tout seul pour gérer Médiapop, comment fabriquez-vous vos livres ? Est-ce que vous faites tout vous-même ? Est-ce que vous avez recours à des prestataires pour les corrections, la mise en page, la couverture ?

Je travaille avec des prestataires freelance. C’est un choix. On peut penser que c’est bien ou pas bien. Pour moi, l’avantage c’est que c’est souple, c’est le plus adapté pour pouvoir réinjecter l’argent dans des projets. Tout ce qui est administratif, je le fais moi-même, tout comme la manutention, les salons, le choix des manuscrits… et les coups de fil aux auteurs.

J’ai aperçu un stand Médiapop au salon L’Autre livre, au Palais de la femme de Paris en octobre. Qu’avez-vous retiré de cette présence ? Est-ce que vous faites beaucoup d’événements comme celui-là ? Et des signatures en librairie ?

C’est un ami auteur qui tenait le stand, Yves Tenret, le « Bukowski de Médiapop ». J’attends le jour où le monde entier le découvrira ! Des salons, je n’en fais pas assez, alors que ça permet d’écouler un peu de stock, de rencontrer des gens, de se faire connaître, de récupérer un peu de cash. L’an dernier j’ai fait le salon de Bruxelles sur le stand collectif de la région Grand Est, mais il n’y en aura pas cette année pour cause de restrictions budgétaires ! Il y a le salon de Bordeaux, Les Escales du Livre, très bien. Et ceux de ma région, par exemple un gros festival du livre à Colmar, un autre à Saint-Louis.

Vous tirez vos livres à combien d’exemplaires ?

Le tirage plancher c’est 500 exemplaires, et c’est souvent un peu plus, 700, 800. Récemment j’ai sorti un livre d’entretiens de Rodolphe Barry avec Charles Juliet, je savais qu’il avait un public, j’en ai tiré 900 mais ça n’a pas suffi et je viens de le faire réimprimer. C’est impossible de prévoir le bon tirage. Je viens de vendre 1000 exemplaires d’un livre sur Mulhouse en quelques semaines, un très bon chiffre ! Là aussi, il a fallu réimprimer en urgence. Mais dans la plupart des cas, j’ai plutôt tendance à être trop optimiste.

Pour un éditeur, la possibilité d’avoir un diffuseur, qui présente les ouvrages aux librairies, est fondamentale. Comment avez-vous fait pour en trouver un ?

Au tout début, quand j’ai démarré, tout le monde m’a envoyé bouler. J’étais diffusé chez R-Diffusion, une petite structure associative basée à Strasbourg. C’était du bricolage mais ça avait le mérite de me permettre de me lancer. Je lui serai éternellement reconnaissant. Au moment où il a été liquidé, j’ai perdu un peu d’argent. À ce moment-là, j’ai contacté Harmonia Mundi, qui n’avait pas de place. Les Belles Lettres ont dit oui pour la distribution, en me plaçant chez CED pour la diffusion. Ça m’a permis de franchir une étape. CED rassemble beaucoup d’éditeurs, c’est très varié. Au bout de quatre ans, c’est Harmonia Mundi qui m’a contacté. Un des représentants de CED s’était fait recruter chez eux et m’aimait beaucoup, il les a tannés pour qu’ils me prennent. D’un autre côté, Nicolas Querci avait fait une interview de Gérard Berréby, le créateur d’Allia, dans Novo. Berréby, qui est distribué par Harmonia, leur a fait passer l’interview, et a attiré leur attention sur Médiapop. Harmonia, c’est là que je rêvais d’être, et je ne pense plus changer.

Qu’est-ce qu’une bonne mise en place en librairie pour vous ?

Ça dépend des livres. Le nombre de librairies où on place les livres n’est pas ce qui importe le plus, c’est la qualité des endroits qui fait la différence. Un livre de photo pointu qui se retrouve par paquets de dix dans des Cultura, je sais à l’avance qu’il reviendra en invendu. Il vaut mieux le dispatcher dans les librairies spécialisées, au final ça permet d’en vendre plus.

On le sait, les maisons d’édition indépendantes tirent souvent le diable par la queue. Gérald Duchemin, qui anime Le Chat Rouge depuis plus de vingt ans, nous confiait qu’il ne pouvait se verser « qu’une moitié de salaire, et encore les bons mois ! ». Comment construisez-vous l’équilibre économique de Médiapop ?

Une des choses qui me guident, c’est que j’ai envie que la culture, la lecture soient accessibles. Je n’aime pas les livres qui coûtent cher. J’ai des amis qui n’ont pas envie de mettre 20 euros dans un bouquin. Quand je regarde ce qui reste une fois qu’on enlève tous les frais fixes, les marges du libraire et du distributeur, pour les livres de la collection foot vendus 9 euros, je récupère 3 euros par livre. Pour l’équilibre économique, on est toujours au bord du gouffre. J’ai réussi à vivre, j’ai un toit, un logement, je mange à ma faim. Mais je suis obligé de jongler. J’ai des amis qui me prêtent de l’argent que je leur rembourse avec difficulté, parce qu’il y a des moments où je suis dans le creux de la vague. À chaque fois que j’ai été au bord du dépôt de bilan, des amis m’ont aidé. J’ai toujours eu cette chance. Juste avant le Covid j’étais dans la panade, naïvement je pensais que ma banque allait me prêter 30 000 euros. Une fois qu’ils ont entré ma demande dans leur logiciel, tous les voyants se sont mis au rouge. Le Covid m’a sauvé parce qu’il m’a permis de bénéficier d’un prêt garanti par l’État. Mais depuis il faut que je rembourse 1 500 euros par mois…

Est-ce que vous touchez des aides ?

Je n’ai jamais eu un centime du CNL. Le fait de tout faire tout seul, ça demande du temps, j’avoue que je suis fatigué par ça. Je remplis des dossiers pour recevoir une aide de la DRAC et de la Région. Mais les aides à l’édition ont tendance à fondre. Je suis passé de 10 000 euros en tout en 2015 à 5 000 euros en 2023. Ce qui n’est pas énorme rapporté à tous les livres que je publie (12 livres en 2015, 15 en 2023).

Comment procédez-vous à la promotion de vos ouvrages ? Est-ce que vous envoyez beaucoup d’exemplaires de presse ? Vous avez obtenu des retombées médias intéressantes ?

Les envois presse, ça dépend du livre. J’essaie de cibler. Ça mériterait de prendre beaucoup plus de temps. Par rapport aux autres éditeurs de ma région, je me débrouille plutôt bien pour les retours presse. Je suis très bien suivi par la presse quotidienne régionale, L’Alsace à Mulhouse et les Dernières Nouvelles d’Alsace à Strasbourg. J’ai la chance d’être régulièrement dans Libé, des petits articles, des grands articles, très rarement dans Le Monde, une fois dans Le Figaro, de temps en temps dans L’Huma, La Croix, Télérama, artpress… Pour moi, c’est presque plus de plaisir d’avoir cinq lignes dans Libé que 200 ventes. Les effets de la présence dans les médias, ça dépend. Si tous les jours, pendant quinze jours, il y a des articles partout sur un livre et que son auteur passe à « La Grande Librairie », ça commence à avoir un effet. Moi quand j’ai eu deux pages dans Libé, j’étais en extase, c’était le sommet de ma carrière ! Mais il n’y a pas eu une seule vente sur mon site dans les quinze jours qui ont suivi. J’étais content quand même. Ça permet que d’autres journalistes repèrent le truc. Une seule fois, il s’est vraiment passé quelque chose. C’était pendant le Covid. Encore un exemple de livre que je n’avais pas prévu de faire ! Un livre de cuisine, rien à voir avec ce que j’avais l’habitude de publier. L’autrice, Johanna Kaufmann, avait une énergie pas possible, elle a été invitée sur France Inter dans l’émission « On va déguster ». Elle est passée un dimanche. Dans la journée, j’ai eu 2000 commandes directes sur mon site. Le webmaster m’a appelé en croyant à un bug ! J’ai dû transférer tous les mails de commandes à l’autrice, qui s’est occupée de faire les 2000 envois. Ça lui a pris trois semaines…

Quels sont vos projets pour 2025 ?

Mon projet c’est de tenir. J’aimerais bien pouvoir me projeter. On est toujours le nez dans le guidon. J’aimerais prendre du temps pour anticiper davantage, réfléchir. Je suis aussi dépendant des auteurs qui écrivent des livres avec du potentiel mais qui ne sont pas foutus de les terminer. L’objectif, c’est de sortir un peu moins de livres. Dans ce métier, j’aime bien le côté polyvalent : dans ma journée, je vais à La Poste, je fais les factures pour le magazine, je parle de rédaction avec un photographe, je réponds à une interview… Ça fait partie du plaisir. J’aime bien rester à mon petit niveau, je trouve ça assez jouissif de jouer au marchand sur mon stand, puis à l’éditeur, au rédacteur. Passer d’une casquette à l’autre. Ma chance ça a été de faire plusieurs choses en même temps. Si je n’avais fait que des livres, j’aurais eu du mal à pouvoir en vivre, surtout au début. Le fait d’avoir d’autres activités, ça m’a permis de développer les choses petit à petit. Je vis correctement, mais peut-être que dans six mois Médiapop ne sera plus là. Parfois on a l’impression d’être face à un mur et que le mur se rapproche. Jusqu’à présent, je finis toujours par m’en sortir. C’est miraculeux. D’un côté on se dit « pourquoi je fais ça ? », et de l’autre on a une vie passionnante, pleine de rencontres. On se dit qu’on va laisser une trace.

Propos recueillis par Maxime Cochard

Photo Pascal Bastien

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