Né en 2021 à Brighton, le quatuor The New Eves mêle imagerie néopaïenne et hymnes féministes sur un premier album où la folk électrique croise le post-punk. Le groupe sera à Paris ce vendredi 7 novembre, à la Mécanique Ondulatoire, dans le cadre du Pitchfork Music Festival.
La Nouvelle Eve se lève, sortie des pages d’une Bible brûlée. Cette description prophétique ouvre le premier album d’un quatuor de jeunes femmes formé à Brighton en 2021. Au cours des neuf morceaux, les références néopaïennes et féministes new age s’enchaînent. Mais c’est surtout l’originalité musicale, entre folk, drone et post-punk, qui retient l’attention.
Dans des articles élogieux publiés par The Guardian ou The Observer, tout en insistant sur la fraicheur et l’originalité de l’album, les critiques remarquent les influences des années 60-70. Patti Smith d’abord, pour les références poético-mystiques, les couplets scandés à la limite du spoken word et les refrains rugissants. Les deux premiers albums du Velvet Underground ensuite, où, notamment sur le morceau The Black Angel’s Death Song, grinçait l’alto électrifié de John Cale. Enfin, par ses hymnes féministes, ses mélodies enivrantes et ses rythmes entêtants, The New Eves semblent autant emprunter à l‘anarcho-punk qu’aux chœurs de femmes.
Si ses influences sont diverses et le groupe difficilement situable, sa composition est aussi atypique : basse, violon, violoncelle et batterie sur la plupart des morceaux, flûte traversière et guitare parfois. Les cordes appuient une ambiance champêtre, renforcée par l’esthétique visuelle, le décor bucolique et l’imaginaire lié à la sorcellerie.
Souvent, les refrains laissent poindre la révolte. Le premier single du groupe, The original sin, publié en 2023, constituait un éloge des hérétiques. Face à un monde injuste, les artistes appelaient à danser loin du sentiment de culpabilité, et pour cela, à oser lâcher son auréole.
Deux ans et des dizaines de concerts Outre-Manche plus tard, The New Eves seront ce vendredi 7 novembre à Paris, à la Mécanique Ondulatoire, dans le cadre du Pitchfork Music Festival.
Vivian Petit
