1966, année charnière ?

Pour Commune, Olivier Barbarant se penche sur 1966, année mirifique d’Antoine Compagnon, tentative de saisir une année charnière de la vie culturelle française. Entre panorama stimulant et inventaire parfois discutable, le livre éclaire un « moment 66 » tout en laissant ouvertes bien des questions.

Étudiant, j’avais été fasciné par deux épais volumes publiés chez Klincksieck en 1971, intitulés L’Année 1913 – Les formes esthétiques de l’œuvre d’art à la veille de la première guerre mondiale. Ce remarquable travail interdisciplinaire avait visé à inventorier et analyser les phénomènes de rupture et de continuité esthétiques tels qu’ils pouvaient se manifester au seuil de la première guerre mondiale. Le collectif qui avait produit cette étude, dirigé depuis la section d’histoire de l’art du CNRS par Liliane Brion-Guerry, n’avait pas hésité à plonger dans les œuvres comme les manifestations théoriques, puis (c’était le second tome, si ma mémoire est bonne) dans l’ensemble des revues littéraires et artistiques européennes, à la recherche des possibles rencontres entre ce qui travaillait alors les formes poétiques aussi bien que musicales ou architecturales. L’année retenue, immédiatement identifiable dans l’histoire politique, était celle entre autres d’Alcools et de Du côté de chez Swann, des manifestations futuristes en Russie comme en Italie, de l’ouverture du théâtre du Vieux Colombier par Copeau… – et je découvrais avec admiration une manière panoramique de considérer l’histoire littéraire et artistique, et avec elle de configurer une archéologie de la modernité. 

C’est à un travail assez comparable que s’est livré Antoine Compagnon avec 1966, année mirifique pour la collection de la Bibliothèque des histoires des éditions Gallimard. Fruit d’une  insistante suggestion de Pierre Nora, qui n’aura pu voir le travail achevé mais à qui est dédié le livre, et de lointains cours et séminaires de 2011 au Collège de France dont Antoine Compagnon n’avait extrait en 2012 qu’un article pour le numéro 171 de la revue Le Débat (« 1966 : annus mirabilis »), le livre s’en tient pour sa part au champ culturel français, avec pour hypothèse, constamment mise à l’épreuve, que l’arrêt sur image, quelque arbitraire qu’il puisse être, offrirait une coupe révélatrice dans l’évolution de la société française, avec laquelle envisager bien des questions de notre temps. Après la guerre d’Algérie, et « avant mai », l’année serait « majeure dans l’histoire contemporaine de la France », formant « pivot au sein de ce que la conclusion reconnaît comme un « moment 66 » prudemment dilaté, qui va de 1962 à 1968, mais qui, par-delà une dilection personnelle de l’auteur finalement avouée (« 1966 est l’année de ma découverte de la France, de mon arrivée, ou plutôt de mon retour, après un séjour de plusieurs années aux Etats-Unis où j’ai fait une partie de mes études secondaires à Washington ») dispose en effet de nombreux atouts pour prétendre au rôle de charnière historique. On voit que la césure est beaucoup moins nette que celle de 1913, que le périmètre d’investigation, ici limité à un seul pays, se fait plus étroit, mais l’étude relève bien de l’histoire culturelle, et du beau pari d’explorer en profondeur la vie de la création, des œuvres majeures aux expressions populaires, sans oublier les débats intellectuels et théoriques qui fondent aussi, sous un apparent air du temps, de plus profondes modifications. On voit aussi que le livre, résultant d’une lointaine exploration et raboutant des interventions diverses, porte un peu trop souvent la marque de ses brouillons ou de ses notes de cours, au prix de d’incessantes redites et parfois même de répétitions1. On devrait pouvoir dire à un académicien ce qu’on serine aux élèves : « relisez-vous »…

1966, année mirifique ? Par-delà les naissances conjointes de la collection Poésie/Gallimard et de l’auteur de cet article (événement majeur sans doute, mais dont les contemporains ne pouvaient tout à fait prendre la mesure…) l’année dispose de quelques autres atouts pour justifier le qualificatif. La parfaite recension d’Antoine Compagnon et de ses compagnons de séminaire, remerciés en fin de livre, offre un florilège d’exemples convaincants. Du côté des œuvres, citons les sorties de Masculin Féminin de Godard, d’Un homme et une femme de Lelouch, d’Au Hasard Balthazar de Bresson, de La Guerre est finie de Resnais, ou la projection de Suzanne Simonin, la religieuse de Diderot, le 6 mai au festival de Cannes, alors que le film de Rivette était interdit sur les écrans du monde entier… En littérature les parutions de Fibrilles de Leiris, des Belles images de Beauvoir, du Vice-Consul de Duras, au théâtre de Des journées entières dans les arbres de la même et des Paravents de Genet (promis à une longue polémique et à une demande de censure). Du côté de la théorie, la parution des Écrits de Lacan, des Mots et les choses de Foucault, Du miel aux cendres de Lévi-Strauss, comme la poursuite de la polémique lancée l’année précédente par Raymond Picard contre la « nouvelle critique » de Roland Barthes font de 1966 un « moment de l’explosion de la ‘théorie’ dans les sciences humaines », le structuralisme prenant le relais de la domination existentialiste, au cours d’un véritable procès générationnel mené contre Sartre, dont le livre étudie scrupuleusement le feuilleton. Témoin encore d’un changement d’époque, le colloque d’octobre 1966 à Baltimore intitulé The Structuralist Controversy, qui a fait traverser l’océan à Lucien Goldmann, Roland Barthes, Nicolas Ruwet, Tzvetan Todorov, Lacan et Derrida, « introduit la French Theory aux États-Unis, où elle régnera durant une vingtaine d’années dans les département littéraires ». Si l’on ajoute que le premier « séminaire du Thor » unissant René Char et Heidegger dans des fumigations poético-métaphysiques se déroula en juillet 1966, qu’André Breton mourut en septembre (« Le sentiment est tout de même qu’on en a fini avec le surréalisme, malgré quelques derniers suiveurs ») ou que le Nouveau roman commence à être contesté par les sectateurs de Tel Quel sans que le grand public ait encore conscience de la panne d’un mouvement littéraire qui poursuit ardemment sa reconnaissance, on peut prendre la mesure des phénomènes apparents, mais aussi des courants souterrains qui traversent l’année. Du point de vue de l’urbanisme, la construction de la voie express rive droite et la première pierre de la tour Montparnasse rappellent la modernisation euphorique de la période, qui se poursuivra sous Pompidou : « Le transistor, la microcassette Philips, la mobylette et le briquet jetable », accessoires des « sixties », sont des « fétiches, omniprésents dans la presse, le cinéma, le roman ». 


Antoine Compagnon, 1966, année mirifique, Gallimard, 2026.

Au plan historique, l’essai présente au fil de ses chapitres deux faits majeurs : « l’arrivée massive des enfants du baby-boom » dans les universités, qui bouleversa tout le schéma éducatif (« Le pays compte 25 000 enseignants du supérieur, contre 2000 à la Libération ») et qui confronta dès cette décennie au douloureux dilemme (dont sans doute nous ne sommes pas sortis) entre massification et démocratisation.  Les décrets du 22 juin 1966, fruits d’une longue réflexion sur le devenir de l’université2, ont supprimé la « propédeutique » et créé le premier cycle en deux ans, DUEL ou DUES, qui préfigurèrent le futur DEUG. Les parutions en une même année de Treblinka, la révolte d’un camp d’extermination de Jean-François Steiner, préfacé par Simone de Beauvoir, et de la traduction d’Eichmann à Jérusalem – rapport sur la banalité du mal d’Hannah Arendt posent conjointement, en dépit de la considérable inégalité entre les deux ouvrages, la question du regard porté sur la seconde guerre mondiale et sur l’analyse du génocide. Les polémiques engendrées par cette vision nouvelle, qui voulut mettre en lumière une compromission des autorités juives avec les massacreurs, ou qui prétendait constater une soumission (« comme des moutons à l’abattoir ») d’une population à sa propre extermination, sont justement traitées, dans la perspective de l’essai, comme des symptômes, sans prétention à trancher dans leurs débats : « la réflexion sur la Shoah bascule dans la France de 1966 ». Un effet générationnel est sans doute ici déterminant, qui jouera aussi bien dans les motifs plus ou moins conscients de mai 1968, et qui travaillait sans doute les attaques anti-sartriennes des débats tout au long de l’année contre « l’humanisme ». C’est ce même combat par ailleurs, entre un humanisme jugé « dépassé » et une conception plus théorique de l’analyse politique, qui traversa durant l’année les controverses entre Althusser et Garaudy. Pour le formuler en des termes qui ne sont pas ceux d’Antoine Compagnon, il s’agit pour toute une jeunesse, nombreuse alors et dont le consumérisme a choisi de célébrer l’autonomie, d’en finir avec l’histoire telle que les Pères l’ont vécue ou l’ont racontée. D’une certaine manière, ces livres sérieux ne sont pas sans rapport avec le succès de La Grande Vadrouille de Gérard Oury, sorti le 8 décembre 1966 dans les salles, traitement désinvolte, « bon enfant », aveuglant et réconciliateur d’une guerre dont il s’agissait de se détacher. En 1966, l’après-guerre aspire à s’achever. L’entrée dans la société « surdéveloppée », autrement dit dans la société de consommation, et la fragmentation générationnelle des clients pour démultiplier les produits par secteurs de vente peuvent être considérées ou comme des effets ou comme des causes. Qu’il soit permis d’ajouter qu’on en voit aujourd’hui encore les plus sinistres conséquences.

En ne négligeant pas la culture populaire ni les phénomènes de société (Les Élucubrations d’Antoine et le grand moment de Johnny !), en croisant vie littéraire, journalistique, et actualités sociologiques, en référant aussi bien à la création du premier smoking pour femme dans la collection d’Yves Saint-Laurent à l’automne-hiver 1966 que l’entrée en vigueur au 1er février 1966 de la loi sur les régimes matrimoniaux (« Le mari ne peut plus s’opposer à ce que sa femme exerce une profession » ; « chaque époux peut ouvrir un compte en son nom propre et disposer de ses biens »), 1966, année mirifique offre ainsi un riche catalogue et une plaisante rétrospective. Antoine Compagnon ne manque pas de s’émanciper de l’artificialité des calendriers, pour des développements légitimes, malgré leur millésime de 1965, concernant la si juste perception contemporaine de son époque dans Les Choses de Perec (justement sous-titré Une histoire des années soixante) ou tout ce que révèle de son temps un film comme Pierrot le fou. C’est aussi ce pourquoi Antoine Compagnon consacre des pages (assurément les meilleures) à des œuvres en cours de création, et à ce que traversent certaines des grandes figures, au sommet de leur puissance et déjà déclinantes, de la vie littéraire : par-delà les pages consacrées au sort de Sartre, déjà mentionnées, 1966, année mirifique suit le sort de Mauriac, de Malraux livré à la rédaction des Antimémoires tout en tentant de faire entendre raison à sa droite concernant les censures, et ne cesse de s’appuyer sur Blanche ou l’oubli d’Aragon, rédigé au cours de l’année 1966 dont le roman se fait en bien des façons le miroir, et qui ne sera publié qu’en 1967.

Reconnaissant que l’analyse de l’époque ne peut pas se passer de ce grand livre, Antoine Compagnon lui rend un indéniable hommage. Le personnage de Marie-Noire, jeune fille typique des « sixties », par ses lectures, ses tics de langage, ses occupations, servit à Aragon à prendre la mesure de ce qui vacillait dans la transmission, de ce qui éloignait une jeunesse de la sienne, de ce qui sans doute commençait à séparer les révoltes juvéniles des aspirations révolutionnaires de sa génération. Blanche ou l’oubli analyse ainsi à l’avance ce qui se manifestera dans le grand chahut contre le sexagénaire communiste, quand il se rendra en mai 1968 au quartier latin pour heurter à des gauchistes, ou quand il ouvrit la même année Les Lettres françaises à la jeunesse, en acceptant de publier les attaques contre « papa Aragon ». Le recours incessant à l’écrivain étonne Antoine Compagnon lui-même (« Quant à Aragon, croisé dans presque tous les chapitres, je n’avais aucune idée qu’il figurerait autant dans ces pages »). La considération du grand écrivain ne manque cependant pas d’être marquée par l’habituel assaisonnement de perfidies, dont on finit par se dire qu’elles servent essentiellement de parapluie, de peur que le tribunal du lectorat ne confonde l’admirateur et l’admiré… Du collège de France, on attendrait pourtant autre chose que des préjugés tels que la mention du prétendu paradoxe qu’il y aurait à être communiste et à disposer d’un chauffeur (p. 136). 

Libre à Antoine Compagnon, après tant d’autres, d’occuper fort modestement mais sans fausse pudeur la charge du jugement dernier, séparant avec autorité les « bons côtés » de l’écrivain (résumés à « Blanche ou l’oubli ») et ce qu’il empaquette des « mauvais » dans une plus longue parenthèse : « (indifférent, cruel et spoliateur avec Elsa, insidieux, délateur et odieux avec Althusser) ». Il faudrait reprendre ici point par point chacun des adjectifs pour les récuser ou à tout le moins en nuancer quelques-uns. 

Contentons-nous de corriger les erreurs factuelles : le recours à une lettre de plainte douloureuse d’Elsa Triolet citée dans la trame romanesque de Blanche ou l’oubli peut apparaître bien plutôt comme une douloureuse réplique au sein de la sous-conversation à laquelle se livrent les deux romanciers au fil de leur œuvre que, comme veut le voir Antoine Compagnon, une « spoliation » qui volerait à l’épouse son propos… Par ailleurs, sans nier le goût d’Aragon pour la mode et sa volonté de se montrer, vieillissant, aussi attentif à l’air du temps que durant sa jeunesse de dandy surréaliste, il n’est pas vrai que la longue réflexion sur la linguistique dans Blanche ou l’oubli soit, comme le prétend à plusieurs reprises 1966, année mirifique principalement liée au souci de se mettre à la page. Étudiant en médecine, Aragon avait fréquenté le cours d’Édouard Pichon, linguiste et cofondateur de la Société Française de Psychanalyse. Quand il prête à son personnage de linguiste dans Blanche ou l’oubli les préoccupations et les lectures d’un contemporain de Benveniste, ce n’est pas pour coller en suiveur à l’actualité épistémologique, c’est bien plutôt parce qu’il retrouve, quatre décennies plus tard, des préoccupations qui furent les siennes, autrement formulées. De la même manière, le lointain lecteur des formalistes russes, notamment par l’entremise d’Elsa Triolet, ne se sentait en rien dépassé par l’arrivée du structuralisme, quand il avait fréquenté les études de Chklovski, Jakobson et Propp bien avant que les années soixante ne les diffusent dans le champ culturel français. Il en est de même pour l’apparition des Mots et les choses de Foucault parmi les lectures des personnages de Blanche ou l’oubli. Elle figure certes une manière de peindre un moment intellectuel, mais elle ne manque pas de prendre ses distances avec la nouvelle manière de penser. L’écrivain salue le talent exceptionnel du jeune philosophe (« des livres comme ça, vous direz ce que vous voudrez, on n’en voit pas tous les jours »), mais loin de la « démagogie » de qui « sollicite la complicité de la jeunesse », comme le prétend Antoine Compagnon, le narrateur de Blanche ou l’oubli ne manque pas de lui faire la leçon, opposant quelques pages plus tard à la frénésie de structures et à une nietzschéenne mort de l’homme la « chair de l’âme » : « Je ne crois pas à l’homme abstrait. Parce que c’est bien de cela qu’il s’agit. Il faudrait que la chose écrite sorte d’un homme abstrait. […] L’on parfait ». L’erreur de perspective qui traverse les approches superficielles de Blanche ou l’oubli, et avec ce roman de toute l’œuvre ultime d’Aragon, tend systématiquement à prendre pour une course désespérée au jeunisme ce qui est au contraire la reconnaissance d’une préoccupation apparemment nouvelle, qu’il s’agisse de linguistique ou de renouvellement du roman, mais avec l’intention explicite d’épargner à la jeunesse, compte tenu de l’expérience et de l’avance, les errements que l’auteur avait pu connaître bien avant elle, et les leçons qu’il en tira. Enfin, si au lieu de s’étonner de l’importance d’Aragon pour qui veut penser le siècle, l’auteur avait pris la peine de se pencher complètement sur les apports des recherches historiques en amont de la décennie qui le préoccupe, il aurait su que les surréalistes avaient bien organisé une exposition « anticoloniale », « La Vérité sur les colonies », inaugurée le 20 septembre 1931, en réponse à l’exposition officielle ouverte le 6 mai précédent. Cette connaissance nous aurait épargné l’étonnement manifesté à la page 148 : « De l’Exposition coloniale de 1931, bizarrement qualifiée par Elsa d’ ‘anticoloniale’ »… La fragilité de la connaissance devrait, concernant Aragon, rendre plus prudents les jugements à l’emporte-pièces. On sait bien que ce n’est jamais le cas, et les légendes continuent de se colporter en dépit des acquis de la recherche, d’autant plus quand elles sont reprises par des autorités académiques, qui font preuve ici de plus de scrupule et d’attention à la documentation pour les malheurs de Malraux que pour les créations d’Aragon. 

Le plaisant livre d’Antoine Compagnon offre ainsi plus de documentations que d’analyses. Il thésaurise, et raconte, au prix de redites dans un plan chronologique qui ne s’avoue pas toujours. On ne saurait trop en recommander la lecture, qui pour des vingtièmistes offre le bonheur de retrouvailles, avec des connaissances, voire des souvenirs dont on redécouvre, les lisant, qu’on en disposait, mais sans avoir pris le temps de les rassembler. Il ne resterait plus, à partir de ce riche matériau, qu’à penser. Mais c’est clairement au lecteur de le faire : à un chroniqueur, il ne faudrait pas trop demander.

Olivier Barbarant


  1. « L’arrivée massive des enfants du baby-boom bouleverse les universités » (p. 26) ; « Les bacheliers envahissent les facultés » (p. 27) ; « l’explosion de la population étudiante » (p. 35) ; « la ruée vers les facultés met celles-ci en crise » (p. 36) ; « 1966 est le moment étudiant par excellence, celui de l’assaut des jeunes vers les facultés » (p. 37) ; « Le début des années 1960 est le temps […] du boom étudiant » (p. 83) … Les répétitions hélas ne concernent pas que ce domaine de réflexion, dont nous ne donnons ici qu’un exemple, et renvoient au problème de la composition générale du livre, raboutant des interventions diverses avec un fil chronologique de l’année en sous-bassement. ↩︎
  2. La commission créée par le pouvoir gaulliste pour réfléchir aux réformes, qui siégea de janvier 1965 à février 1966, comptait notamment Braudel et Foucault parmi ses membres.  Les positions défendues par le philosophe, dénoncées par le Snesup et l’Unef, font que, comme le rappelle à juste titre Antoine Compagnon, il était « alors tenu pour un gaulliste, non un gauchiste ».  ↩︎