Exposition « Livres Uniks Six » : papiers pliés livres blessés

À la galerie Topographie de l’art, l’exposition « Livres Uniks Six », organisée par Horst Haack, réunit jusqu’au 6 novembre treize artistes autour du livre d’artiste, du carnet ou du détournement de l’imprimé. Pour Commune, Olivier Barbarant rend compte de cette manifestation, dont plusieurs œuvres marquent par leur puissance plastique et critique, notamment celles de Claire Angelini, qui inscrit la mémoire des disparitions et des violences de l’Histoire dans la matière même des images et des pages. Continuer de lire Exposition « Livres Uniks Six » : papiers pliés livres blessés

« Je n’ai jamais rien vu de plus beau en ce monde » : Quand Aragon rendait hommage à Bob Wilson

Commune a choisi, en hommage à Bob Wilson qui vient de disparaître, de redonner la parole à Aragon qui pouvait d’emblée le comprendre, dès ses commencements : quand un génie en rencontre un autre, et choisit de le soutenir. Continuer de lire « Je n’ai jamais rien vu de plus beau en ce monde » : Quand Aragon rendait hommage à Bob Wilson

Pléiade des essais littéraires d’Aragon : « Dans l’éloge comme dans le blâme, ce ne sont que des merveilles d’écriture »

À l’occasion de la parution des Essais littéraires d’Aragon dans la Pléiade, Victor Laby s’est entretenu pour Commune avec les éditeurs du volume. Ensemble, ils reviennent sur les enjeux critiques, politiques et éditoriaux d’un Aragon dont la pensée sur la littérature reste d’une saisissante actualité. Entretien. Continuer de lire Pléiade des essais littéraires d’Aragon : « Dans l’éloge comme dans le blâme, ce ne sont que des merveilles d’écriture »

protesters holding signs

Kevin Boucaud-Victoire contre la confusion des antiracismes

Pour Commune, Olivier Barbarant met en lumière le dernier essai de Kévin Boucaud-Victoire, Mon antiracisme, comme une tentative salutaire de sortir l’antiracisme de l’ornière morale et identitaire où l’ont enfermé les discours dominants. Entre récit personnel et critique idéologique, l’auteur démonte les illusions jumelles du libéralisme et du décolonialisme, pour plaider un antiracisme politique et social, capable de retisser une conscience de classe sans renier la question des discriminations. Continuer de lire Kevin Boucaud-Victoire contre la confusion des antiracismes

Eluard Olivier Barbarant Victor Laby

Redécouvrir Paul Éluard : quand la politique se fait poésie

Paul Éluard, emblème du surréalisme, a toujours mêlé poésie et engagement. Si son  œuvre évoque l’amour et l’amitié, elle reflète aussi une quête inlassable de justice sociale  et de liberté. Dans Paul Éluard, comme un enfant devant le feu, Olivier Barbarant et Victor  Laby explorent le poète engagé, oscillant entre espoirs et désillusions. À la lumière  d’archives inédites, l’essai révèle une voix où l’intime se confond avec l’Histoire, offrant  une lecture nouvelle et saisissante de l’homme et de l’artiste.  Continuer de lire Redécouvrir Paul Éluard : quand la politique se fait poésie

La Cérémonie, retour sur une entrée au Panthéon

Le poète Olivier Barbarant, spécialiste de Louis Aragon et membre du comité de rédaction de Commune, faisait partie des invités à la cérémonie de panthéonisation de Missak et Mélinée Manouchian. Il nous livre un témoignage éminemment personnel sur ce grand moment d’hommage à la résistance immigrée et communiste et aux héros de l’Affiche rouge. Continuer de lire La Cérémonie, retour sur une entrée au Panthéon

Olivier Barbarant : « Si la revue Europe est toujours là, c’est parce que le contexte de la barbarie n’a de fait jamais cessé »

Il y a un siècle naissait la revue Europe, point de départ d’une aventure exceptionnelle, comme l’énonce son animateur d’aujourd’hui Jean-Baptiste Para : « Europe est bien plus qu’un mythe. C’est un siècle d’encre et de papier où critique et création s’entremêlent sans cesse. » Dans cet entretien, Rodolphe Perez revient sur l’ambition ininterrompue de la revue avec l’un de ses contributeurs majeurs, le poète Olivier Barbarant. Continuer de lire Olivier Barbarant : « Si la revue Europe est toujours là, c’est parce que le contexte de la barbarie n’a de fait jamais cessé »

Quelques fleurs de Jean Ristat

Jean Ristat (1943-2023) vient de mourir. D’autres s’efforceront au fil des hommages de prendre la mesure d’une activité littéraire, intellectuelle et politique qui fut toujours au service de la liberté, pour notre ami valeur cardinale avec l’amour – mais c’est, eût-il dit, la même chose.

Commune n’a pas envie à cette heure, au milieu du chagrin, de sortir la chaîne d’arpenteur, de mettre en ordre des événements, de dater les résurrections successives du journal d’Aragon Les Lettres françaises, par exemple, qui constitua l’un des longs combats de Jean Ristat, ou de délimiter des périodes esthétiques, en un mot de réaliser un utile mais froid travail d’histoire littéraire. Nous aurons, hélas, tout le long temps du deuil pour ce faire. D’un poète défunt qui vient, le 8 décembre dernier, de rejoindre la terre de Touraine, au cimetière de Saint-Ouen -les -Vignes, l’on propose ici de rassembler quelques fleurs

Il faut d’abord d’un poète lire et relire les œuvres. Voici, parmi d’autres extraits évidemment possibles, et conçu selon des préférences personnelles absolument assumées, ce qui justifie une admiration : entrons ensemble dans le jardin de Jean. Continuer de lire Quelques fleurs de Jean Ristat

Le Voyage de Hollande d’Aragon : Un monument poétique sorti de l’oubli

Traversé par les thèmes à la fois lumineux et douloureux associés à l’œuvre connue – l’amour d’Elsa, la difficulté à sauver ce sentiment du temps, de la perte, du mystère insondable de l’autre – Le Voyage de Hollande fait ressentir l’essence même de l’art poétique d’Aragon, son point d’aboutissement, son expression lyrique et technique la plus maîtrisée, la plus haute. Continuer de lire Le Voyage de Hollande d’Aragon : Un monument poétique sorti de l’oubli

L’ambre de la mémoire : Constantin Cavafis

L’audace de la poésie de Cavafis ne tient pas toute dans la vision, aussi nette que délicate, des désirs et des corps ; elle parvient au plus profond scandale de toute grande poésie, et au décentrement que cette dernière impose toujours aux hiérarchies qui prétendent déterminer l’essentiel de l’accessoire, le passager et le durable, l’éphémère et l’éternel. Continuer de lire L’ambre de la mémoire : Constantin Cavafis

Le feu d’une parole hérétique : Daniel Mesguich et Le Spectre du théâtre

Avec « Le Spectre du théâtre », dialogue de Daniel Mesguich avec le psychanalyste Philippe Bouret, qu’ont publié en mars dernier les éditions Bouquins, on ne pouvait rêver à une forme plus adéquate à l’esprit de l’homme de théâtre, susceptible tantôt de réverbérer une longue expérience, tantôt de proposer une fulgurance, et dans tous les cas d’inviter à une véritable fête (comme toute fête, contagieuse) de la pensée. Continuer de lire Le feu d’une parole hérétique : Daniel Mesguich et Le Spectre du théâtre

Dominique Fernandez : « La confusion et l’ignorance jettent aux oubliettes certains grands écrivains parce qu’ils habitaient l’URSS »

La rédaction de Commune s’est entretenue avec l’Académicien Dominique Fernandez à propos de son dernier livre «Le roman soviétique, un continent à découvrir». Continuer de lire Dominique Fernandez : « La confusion et l’ignorance jettent aux oubliettes certains grands écrivains parce qu’ils habitaient l’URSS »

Le racisme de classe, socle idéologique du macronisme

Il arrive encore qu’on s’interroge sur ce que peut être le macronisme, qui partage avec la droite la totalité de son libéralisme économique, et tente de voler à la gauche sociétale l’essentiel de ses slogans pour l’égalité sexuelle ou le droit de certaines minorités – certaines et non pas toutes, en effet. Continuer de lire Le racisme de classe, socle idéologique du macronisme

Les Adieux d’Aragon : un admirable tremblement du temps

« Aragon vivant ». Le recueil ne saurait se résumer à un long thrène. Ce sont notamment les « autres poèmes » qui illuminent le volume ; singulièrement autour de figures de peintres : Chagall, Klee, Maline, Masson et Picasso. Laissons au lecteur la découverte de ces pages, mais arrêtons-nous néanmoins sur « Celui qui dit les choses sans rien dire », cycle de vingt-cinq poèmes qui célèbrent Chagall, et sur la « Cantate à André Masson ». Continuer de lire Les Adieux d’Aragon : un admirable tremblement du temps

Le scandale du siècle (Grasset) : Gabriel Garcia Márquez journaliste

Márquez fut journaliste, longtemps, assidument, et l’on peut penser que cette activité régulière n’a pas été sans conséquences, pour lui comme pour d’autres écrivains, sur une écriture pour laquelle les contraintes rédactionnelles propres à la presse peuvent être une bonne école. Continuer de lire Le scandale du siècle (Grasset) : Gabriel Garcia Márquez journaliste

Exposition « Les Choses » au Louvre : une histoire de l’art et de l’humanité

            La puissance poétique des choses traverse ainsi toutes les salles, quelle que soit leur unité thématique et l’ambivalence du rapport au monde que l’emploi des choses révèle et emblématise. Poésie de l’infime, contemplation ou répulsion, cabinet de curiosités, still life ou nature tuée, apaisement devant le plus simple ou combat contre la matière ou contre le temps, toutes les questions de l’humanité devant le désir, le corps, l’éthique, la mort sont ainsi exposées. Continuer de lire Exposition « Les Choses » au Louvre : une histoire de l’art et de l’humanité