Lully en majesté Acte II. Atys, « l’opéra du Roi »

Rarement Jean-Baptiste Lully aura été autant à l’honneur : en quelques mois, quatre de ses opéras — Cadmus et Hermione, Atys, Roland et Armide — sont présentés au public français. Ce foisonnement de productions, porté notamment par le Centre de musique baroque de Versailles et plusieurs ensembles spécialisés, témoigne d’un remarquable retour du compositeur sur les scènes et au disque. Ce deuxième épisode consacré à Lully s’attarde plus particulièrement sur l’enregistrement récent d’Atys, fleuron de cette brillante actualité lullyste.

Atys, tragédie en musique, ornée d’entrées de ballets, de machines et de changements de théâtre, représentée devant Sa Majesté à Saint-Germain-en-Laye, le dixième jour de janvier 1676, tel se présente le quatrième opéra né de la collaboration entre Quinault et Lully. Plus encore que pour les précédents, Louis XIV se passionne pour l’élaboration de l’ouvrage et assiste à plusieurs répétitions On dit qu’il en chantait maints airs et le citait souvent. Sa passion pour Atys fut si forte que très vite on le nomma « l’opéra du Roi ». 

Et si pour un mélomane d’aujourd’hui Atys n’avait pas été créé en 1676, mais trois siècles plus tard, en 1987 ?  Du moins cette date s’impose-telle comme une seconde naissance, voire une résurrection. Le chef d’orchestre William Christie et ses Arts florissants, le metteur en scène Jean-Marie Villégier et la chorégraphe Francine Lancelot montaient à l’Opéra-Comique, après Florence en 1986, une production d’Atys appelée à marquer les esprits. Première présentation scénique d’un opéra de Lully depuis l’Ancien Régime, elle consacrait après des siècles d’oubli les retrouvailles du grand public français avec le répertoire baroque. La Toile permet d’apprécier dans des conditions techniques convenables cette production enregistrée à Montpellier en 1987.

 Vingt-quatre ans après cette renaissance, une reprise en 2011 salle Favard suscite les mêmes émotions : « Les années, l’absence, le mythe Atys ont décuplé les attentes ; la stupeur est pourtant la même. On mesure en le revoyant tout ce que sa réussite doit à Villégier, et par là même au génial livret de Quinault dont il ne laisse pas un vers dans l’ombre, dont il s’approprie la netteté autant que la souplesse – un exemple parmi cent, Que le malheur d’Atys afflige tout le monde, clair-obscur de voyelles, d’autant plus entêtant que sa découpe est simple. Villégier, comme Lully, ne fait qu’une chose : déployer l’inépuisable matière du livret. », s’extasie Gaëtan Naulleau dans Diapason. Le nouvel enregistrement d’Atys par le Centre de Musique baroque de Versailles (CMBV) renouvelle l’enchantement.1

Distribution composée de fins stylistes, chantant l’élégie et le tragique avec la même noble élégance, formations orchestrales et chœurs rompus au style baroque, riches de sonorités renouvelées par des recherches musicologiques approfondies (avec reconstruction de hautbois et de cromornes, sorte d’ancêtres du hautbois moderne), direction musicale passionnée d’Alexandre Kossenko ménageant les équilibres entre les voix et les instruments, choix d’un travail de déclamation épuré, tout s’unit pour faire entendre « un Atys résolument neuf » qui saisit par son intensité2. « Le problème est de retrouver, dans une logique esthétique qui lise le XVII° siècle depuis aujourd’hui, une vérité à ce théâtre qui soit la vérité de son apparition en même temps que la vérité de sa distanciation ». Tel était pour Jean-Marie Villégier le dilemme que posait la réalisation théâtrale d’Atys. Par ce nouvel enregistrement, le Centre de Musique Baroque de Versailles et Benoît Dratwicki, son directeur artistique, parviennent à réaliser musicalement le subtil équilibre, et à nous rendre Atys vivant et émouvant, actuel.

 

Inspiré du livre IV des Fastes d’Ovide, Atys est une tragédie noire, sanglante. Le héros, aimé de la déesse Cybèle, est épris de la nymphe Sangaride, promise au roi de Phrygie Célénus. Cybèle apprenant son infortune somme une Furie de frapper de folie le jeune homme. Croyant tuer un monstre, il poignarde sa bien-aimée. Revenu à la raison, il se donne la mort. Désespérée, Cybèle transforme Atys en pin, arbre chéri. Louis XIV ne prisait guère le « mélange des genres ». Aucun divertissement bouffon ou personnage comique ne vient détendre un canevas tout entier tourné vers un dénouement atroce et douloureux. Voltaire cependant évoque « la charmante tragédie d’Atys ». Ce paradoxe s’explique et l’enregistrement illustre avec éclat la dualité de l’opéra et la cohérence de son discours dramatique et musical. « On soupire, on s’afflige, on languit, mais aussi, comme dans la tragédie au théâtre, on pleure et on meurt. » (Thierry Ledoux, Centre National de la danse, 2021)

Nous limiterons le parcours de lecture à des moments musicaux choisis subjectivement autour des quatre personnages principaux, en laissant de côté les péripéties secondaires, susceptibles cependant de soutenir l’intérêt du spectateur. Si la fin d’Atys est tragique, si la rage jalouse de Cybèle conduit le héros à la folie et au meurtre, une part majeure du récit s’attache à l’amour. Mais un amour tourmenté, propre à susciter la pitié. Atys aime en secret Sangaride. Sangaride et Cybèle aiment en secret Atys. Jean-Marie Villégier notait : « Atys, c’est la loi du silence ! Danger de parler, nécessité de se taire, devoir du refoulement ». « Mon crime est sans témoin », confesse Sangaride, liant l’amour à la faute. Ces passions cachées, enfouies, tenant la tragédie à distance et l’appelant tout à la fois, teintent de mélancolie les premières scènes de l’œuvre. « Un amour malheureux dont le devoir s’offense, / Se doit condamner au silence ; / Un amour malheureux qu’on nous peut reprocher, / Ne saurait trop bien se cacher. » (I,4). Les cœurs doivent se cadenasser, et la musique exprimer ce carcan. L’élégie retenue est bercée par une musique où la basse obstinée souligne l’obsédante douleur dissimulée. Mais trop longtemps contraints, les cœurs parlent enfin : « Je n’ai que trop su feindre, il est temps de parler » / « Vous me perdez, Atys, et vous êtes aimé. ». Le « tendre » Quinault, selon le mot de ses contemporains, et le compositeur développent dans un récitatif d’un lyrisme raffiné le double aveu des amants partagés entre passion et devoir (I,6). L’accompagnement marie souplesse et indécision, comme une source vive se heurte à des galets. Un duo nimbé d’un irréel du passé éloquent murmure la détresse d’un conflit intérieur d’où s’épanche un discours amoureux cependant fusionnel : « Si l’hymen unissait mon destin et le vôtre, / Que ses nœuds auraient eu d’attraits ! / L’Amour fit nos cœurs l’un pour l’autre, / Faut-il que le devoir les sépare à jamais ? ».  Quel spectateur nourri de littérature du Siècle ne serait pas sensible à ces regrets et à ces deuils dont les voix désormais mêlées de Mathias Vidal (Atys) et Sandrine Piau (Sangaride) traduisent la dignité et, complexité des âmes, le ravissement étouffé.

 La musique de Lully n’exprime jamais autant sa qualité singulière que dans ces moments, omniprésents dans Atys, d’empêchement, de contrainte. « Mon cœur de tous les cœurs est le plus amoureux / Et tout près d’expirer je suis réduit à feindre » (I,2). L’âme parle, l’aveu éclot, mais dans un entrebâillement. La « gloire », cette constance à l’essence même de son être dont les personnages de Corneille se faisaient les hérauts, (la déesse Cybèle peut-elle déclarer sans recours à l’artifice son amour à un simple mortel ?), la situation (Sangaride est promise à Célénus), la conviction (Atys « l’indifférent » a renoncé à l’amour) dressent des obstacles à l’effusion et à l’aveu. Le récitatif lullyste révèle dans son éloquence calme et sa respiration troublée l’essence même du dilemme. Par un phrasé naturel et harmonieux, un sens aigu des mots, de l’accentuation prosodique, un choix de tempo subtilement ondoyant, les inflexions du continuo, les interprètes réunis par le CMBV en épanchent la suave amertume.  

L’acte III s’ouvre sur les plaintes d’Atys, d’une grande douceur : « Que servent les faveurs que nous fait la fortune / Quand l’Amour nous rend malheureux ? ». Préparant la célèbre scène du Sommeil d’Atys, se glisse un monologue de l’amant tourmenté. Attardons-nous sur ce moment musical. Héritier de Clédière, créateur du rôle, le ténor (haute-taille) Mathias Vidal y déploie les qualités d’expressivité, la riche palette de couleurs, l’élégance qu’on lui connait. La lumière du timbre brillante une prononciation exemplaire où les consonnes sont-elles mêmes rythme, musique et sens. Peut-on traduire de façon plus touchante et plus pure l’osmose entre les vers de Quinault et la déclamation à la fois simple et savante de Lully ? Balancement initial, véhémente angoisse, détermination valeureuse, abandon à l’assoupissement construisent un mouvement d’une rare complexité qui laisse Atys à la merci de l’enchantement voulu par Cybèle : « Il faut laisser suspendre / Les troubles de mon cœur ». Cette musique de la suspension baigne le Sommeil d’Atys. La déesse a inventé ce subterfuge – endormir le jeune homme – pour qu’il apprenne en songe qu’il est aimé par elle. Au cœur de l’œuvre (III,4), se marient et conversent la délicatesse de l’orchestration et l’harmonie des allitérations, le jeu des assonances, la lenteur du tempo et  la souplesse de la ligne mélodique, les subtils décalages du rythme, si propices à la danse et à la pantomime, la simplicité des vers et les soupirs des violons et des flûtes, l’épanchement des alexandrins et le charme de l’octosyllabe: « Régnez, divin Sommeil, régnez sur tout le monde, / Répandez vos pavots les plus assoupissants ; […] Coulez, murmurez, clairs ruisseaux,/ Il n’est permis qu’au bruit des eaux / De troubler la douceur d’un si charmant silence. » Cette longue scène hypnotique a fait la réputation de l’opéra. L’enregistrement en exalte les sortilèges. Mais le rêve était charme envoyé par Cybèle. Songes agréables et songes funestes ont préparé le héros à recevoir l’aveu de la déesse : « Il est vrai, j’aime Atys, pour lui j’ai tout quitté, /Sans lui je ne veux plus de grandeur ni d’empire ». L’indifférence d’Atys à son réveil tourmente la divinité. La soprano Véronique Gens, Champmeslé de l’art lyrique, chante ici la déesse troublée et vulnérable en digne tragédienne. Fascinent l’élégante ampleur de la ligne de chant, la majesté et la clarté de l’articulation, mais aussi l’émotion retenue, le trouble et la douleur captifs et affleurant qui parent la célèbre élégie : « Espoir si cher, et si doux, /Ah ! pourquoi me trompez-vous ? ». 

Après trois actes d’amour inquiet, dont on peut avec Voltaire louer le charme, le ciel s’assombrit.  Un commentateur note chez Quinault « un certain goût pour l’implacable qui durcit par degrés le ton d’un spectacle dont les aimables moires vont soudain se charger de sang. » Cette transformation se fait par étapes. Sangaride troublée par l’attitude d’Atys devant Cybèle doute de son amour : « Cybèle hautement déclare qu’elle l’aime, / Et l’ingrat n’a trouvé cet honneur que trop doux ;/Il change en un moment, je veux changer de même, / J’accepterai sans peine un glorieux époux, / Je ne veux plus aimer que la grandeur suprême. » (IV,1) Dans une comédie, on parlerait de dépit amoureux fondé sur un malentendu. Une explication permettrait de dissiper la méprise : elle viendra. Mais la tragédie impose ici ses lois. Se précipitant, le récitatif ne perd pas cependant de sa souplesse. La soprano Sandrine Piau, cristal de la pure eau, émoi et fièvre près de sourdre, anime cette scène de souffrance pudique. L’âme blessée frissonne. L’acte, on le voit, reste tout occupé par les variations sur les troubles et les inquiétudes des cœurs prompts à douter, prompts aussi à croire l’amour vainqueur : « Aimons en secret, aimons-nous ;/ Aimons plus que jamais, en dépit des jaloux. » (IV,4). Epithalame, chants et danses, menuets et gavottes, célèbrent le mariage entre Sangaride et Célénus. Mais – coup de théâtre – bravant les lois et la déesse même, Atys s’interpose, interdisant l’union au nom de Cybèle. Atys et Sangaride – merveille des machines – sont enlevés dans les airs (IV,6). 

Trahis, bafoués, Célénus et Cybèle unissent leur colère pour se venger des amants. Il faut admirer l’efficacité dramatique du duo : secondant la rage de Cybèle, Tassis Christoyannis, baryton de haute stature, est noblesse outragée, cœur blessé et véhémence digne, tonnerre, éclairs, qu’adoucit le souvenir de la tendresse (V,1 et 2).  Impitoyable, Cybèle lance contre Atys une implacable Érinye, Alecton : « Toi, qui portes partout et la rage et l’horreur, /Cesse de tourmenter les criminelles ombres, /Viens, cruelle Alecton, sors des royaumes sombres, / Inspire au cœur d’Atys ta barbare fureur. » La terrible imprécation, propre à susciter chez le spectateur épouvante et pitié, bouleverse le climat de l’œuvre. Rendu fou, Atys tue Sangaride. Par quatre fois, les Chœurs désespérés font résonner le terrible constat : « Atys, Atys lui-même, / Fait périr ce qu’il aime ! ». Conscient désormais de son crime, Atys se suicide : « Je meurs, l’amour me guide / Dans la nuit du trépas ; Je vais où sera Sangaride, / Inhumaine, je vais où vous ne serez pas ». La douleur de Cybèle est partagée par le chœur : « Célébrons son nouveau destin, / Pleurons sa funeste aventure ». La métamorphose d’Atys en pin, arbre aimable chéri de la déesse, consacre dans un thrène funèbre la gloire du héros. 

On s’est ici limité aux quatre héros et aux chanteurs qui les incarnent, tous aguerris par l’expérience de la scène. Et cela s’entend ! Pour définir la réussite générale, il faudrait aussi parler de théâtre vivant. Rien de figé, d’empesé, de faussement guindé. Tous visent l’expressivité la plus juste, la fluidité d’une parole musicale vibrante, l’élan rythmique qu’anime la direction d’Alexandre Kossenko. La recherche musicologique rigoureuse, loin d’imposer des carcans, libère l’interprétation qu’elle soutient. Ainsi quelle richesse dans les intermèdes orchestraux, bruissant de mille charmes ! Quelle variété de climats dès le Prologue, noble et festif, majestueux et aéré, champêtre et olympien, rustique ou plein de pompe. On aime la Suite de Flore et ses sonorités de hautbois agrestes, l’alacrité des scènes d’ouverture où un Atys plein de feu célèbre la venue de Cybèle, l’harmonie de la scène du Sommeil que blessent les imprécations des Songes funestes. On goûte les divertissements fluviaux, la limpidité ou l’éclat des apparitions allégoriques (Le Temps, Melpomène, Iris, les Songes ou Flore…), le fracas théâtral de l’orage céleste, ministre de la colère divine, le discret pathétique du deuil final, les contrastes de timbres, qui se fondent pourtant, entre les instruments anciens, savamment répartis. On veut rendre justice enfin à toute l’équipe – la troupe – des chanteurs invités à la célébration de ce nouvel Atys. Louons Éléonore Pancrazi, éloquente muse de l’Harmonie musicale et de la Tragédie, tendre Mélisse, Hasnaa Bennani, accorte confidente, leur délicat phrasé, le baryton-basse Adrien Fournaison, si sensible à la prosodie musicale en Idas, formant encore avec François-Olivier Jean  l’envoutante fratrie du Sommeil,  David Witczak, baryton qui pare le Temps et le Fleuve d’une juste noblesse, le ténor Antonin Riondepierre, poétique Morphée, léger Zéphyr,  les voix fleuries de Virginie Thomas et Marine Lafdal-Franc… Comment enfin n’être pas sensible au Sommeil dispensateur du calme le plus doux offert par Reinoud Van Mechelen, l’Atys de Christophe Rousset, assistant de William Christie en 1987 à l’Opéra-Comique ? La boucle est bouclée.

Au terme d’une heureuse écoute, l’on mesure mieux l’art d’un Lully sachant comme s’effacer pour mettre en valeur le Poème de Quinault : « Ventrebleu ! point de broderie ! Mon récitatif n’est fait que pour parler ; je veux qu’il soit tout uni ». 3 La grandeur du compositeur se fonde sur sa compréhension des désirs d’un public cultivé et sensible, qui veut tout comprendre et se remémorer. La musique au service des vers permet à chacun de graver en soi les belles formules, les galants aphorismes de l’écrivain : 

« Mon cœur veut fuir toujours les soins et les mystères ;

J’aime l’heureuse paix des cœurs indifférents ;

Si leurs plaisirs ne sont pas grands,

Au moins leurs peines sont légères. »

« Ah ! que c’est un cruel supplice

D’avouer qu’un rival est digne d’être heureux ! »

« Que servent les faveurs que nous fait la fortune

Quand l’Amour nous rend malheureux ? »

« Le Ciel fait un présent bien cher, bien dangereux,

Lorsqu’il donne un cœur trop sensible »

« Où peut-on jamais être mieux,

Qu’aux lieux où l’on voit ce qu’on aime. »

« Les cœurs que le destin a le plus séparés,

Sont ceux qu’Amour unit d’une plus forte chaîne. »

« Tel se vante de n’aimer rien,

Dont le cœur en secret soupire »

Peut-être le lecteur d’aujourd’hui trouvera-t-il ces vers bien doucereux, leur poésie légère. Lully ne les rend pas seulement meilleurs. Il leur prête plus qu’un charme incomparable. Épousant leur respiration et leur rythme, il leur donne une âme. La beauté du nouvel enregistrement d’Atys fait de nous les témoins émus de leur tendre émotion. 

Jean Jordy

Photographies P. Grosbois

  1. Le Centre de Musique Baroque de Versailles (CMBV) est une source d’informations essentielle pour tout amateur de musique baroque. Producteur du nouvel enregistrement d’Atys, le CMBV présente une version informée et renouvelée de l’opéra. Son site propose entre autres un podcast « Une heure avec Lully », une biographie, le livret et un dossier pédagogique sur Atys.

     
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  2. Interprètes d’Atys : Mathias Vidal (Atys), Sandrine Piau (Sangaride), Véronique Gens (Cybèle), Tassis Christoyannis (Célénus), Hasnaa Bennani (Doris), Adrien Fournaison (Idas), Éléonore Pancrazi (Mélisse), Reinoud van Mechelen (Le Sommeil), Antonin Rondepierre (Morphée), David Witczak (Le Temps), Les Pages et les Chantres du Centre de musique baroque de Versailles, Les Ambassadeurs – La Grande Écurie, Alexis Kossenko (direction)

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  3. Lully, apprend-on dans l’Histoire du vers français de Georges Lote, tome III (PUF 2013),selon un contemporain, « envoyait toutes ses actrices à Lambert, pour qu’il leur apprît sa propreté du chant. Lambert leur faisoit de temps en temps couler un petit agrément dans le récitatif de Lully, et les actrices hasardoient de faire passer ces embellissemens aux répétitions. — Morbleu, mesdemoiselles, disoit Lully, se servant quelquefois d’un terme moins poli que celui-là, et se levant fougueux de sa chaise ; il n’y a pas comme cela dans votre papier ; et, ventrebleu ! point de broderie ! Mon récitatif n’est fait que pour parler ; je veux qu’il soit tout uni ». ↩︎