Actualité de Georges Perec : « Une connaissance totale de l’existence par l’épuisement de l’ordinaire »

L’éditeur Thierry Bodin-Hullin, responsable des éditions L’œil ébloui, a conçu, étalé sur une dizaine d’années, un projet ambitieux et singulier. Confier à 53 artistes l’écriture de 53 livres de 53 pages disant la relation intime qu’ils entretiennent avec l’œuvre de Georges Perec. La collection Perec 531 est riche aujourd’hui de quatre titres que complétera à l’automne prochain la parution de trois nouveaux volumes. Thierry Bodin-Hullin a accordé à Commune un entretien précisant l’originalité du projet et son développement. 

Commune : L’actualité m’appelle à vous interroger sur Paul Auster, décédé à New-York le 30 avril. J’évoque le grand romancier américain parce que dans le deuxième titre de la collection Perec 53 vous dites qu’un de vos rêves eût été que Paul Auster écrivît un des opuscules.

Thierry Bodin-Hullin : Paul Auster est un grand amateur de Georges Perec. A plusieurs reprises, il le cite dans ses interviews. Il disait aussi tout ce qu’il lui devait. Et il avait écrit en novembre 1987 – je l’évoque dans Trajet Perec – un article sur La Vie Mode d’emploi, dithyrambique. Paul Auster fait partie de ces artistes un peu inaccessibles que j’aurais aimé contacter. Mais pas d’ambiguïté, tout lecteur de Perec m’intéresse, pas forcément les plus connus. 

Commune : Vous répondez déjà à presque toutes les questions sur votre projet éditorial dans l’opus 2 de la collection Trajet Perec. Mais je me permets de faire préciser quelques points. Et d’abord, qui êtes-vous ? 

Thierry Bodin-Hullin : L’édition n’a pas été mon activité principale. J’ai consacré trente-cinq ans de ma vie professionnelle à l’accompagnement des politiques publiques d’insertion de publics en difficulté. Parallèlement, j’ai cofondé et animé pendant 13 ans (1997-2011) avec quelques amis les éditions nantaises L’escarbille dédiées à la publication de premiers romans. Publier des premiers romans signifie lire des manuscrits tous les jours. On s’est un peu lassé. Puis les vieux démons éditoriaux ont resurgi assez vite. Et j’ai bâti un projet qui était un peu le contraire du précédent. Je n’avais plus à lire les manuscrits qui m’arrivaient par la poste ou par internet. Je choisissais mes auteurs. En 2013, j’ai ainsi créé L’œil ébloui. Je vais à la rencontre d’auteur-e-s et de textes qui me touchent particulièrement. Aujourd’hui en retraite, je me consacre entièrement à l’édition.

Commune : De quel jour, de quel titre, de quel livre date votre première rencontre avec Perec ? 

Thierry Bodin-Hullin : Si c’est un livre de lui, c’est La Vie mode d’emploi. Mais je connaissais Perec par l’OULIPO. Je connaissais le joueur oulipien avec les contraintes. A dix-huit, alors jeune étudiant, je me suis passionné pour l’OULIPO et les ouvrages qui étaient parus sur la littérature potentielle. Mais le premier livre que j’ai lu de lui c’est La Vie mode d’emploi. Je le découvre, je le dévore et je le lis plusieurs fois. 

Commune : Pourriez-vous analyser la raison profonde de ce coup de foudre ? 

Thierry Bodin-Hullin : Il y avait les prémices dans la littérature potentielle, dans les ouvrages que j’avais lus, d’une écriture avec ses contraintes. Je retrouvais dans La Vie mode d’emploi la singularité d’une construction narrative sous contrainte, avec ses 99 chapitres obéissant à une architecture complexe. Et tout un monde foisonnant s’ouvrait à moi, 1000 histoires qui s’entrechoquent, dont celle qui tisse la trame de l’ensemble, fascinante, qui raconte le projet un peu fou du personnage principal Bartlebooth, avec les aquarelles qu’il peint, transformées en puzzles construits par un autre occupant de l’immeuble, réassemblés puis détruits, un projet démentiel conduit sur 50 années… On rejoint un peu le projet éditorial de Perec 53. Bref un roman total, un roman puzzle qui continue de me fasciner par la multitude des personnages et aussi sa construction graphique. Il est en effet graphiquement passionnant : on y trouve des polices de caractères différents, une présentation qui diffère d’un chapitre à l’autre, des reproductions de cartes de visite, d’invitations… La Vie mode d’emploi c’est aussi un plaisir visuel. 

Commune : Vous êtes devenu un « fan » de Perec, titre de l’étape 18 de votre Trajet Perec. Vous établissez quatre grades dans la cohorte des amoureux/collectionneurs de l’œuvre de Perec : l’amateur endurci, le fouineur invétéré, le passionné incorrigible, l’admirateur émérite, le plus fou, le plus convulsif, dont vous êtes le parfait exemple. Quelle est la pépite qui vous manque ? que vous convoitez ? 

Thierry Bodin-Hullin : J’ai vu l’autre jour qu’il y avait le livre de photos de Christine Lipinska et de Georges Perec sur la rue Vilin2. Il en existe une petite centaine d’exemplaires. Aujourd’hui, ils s’arrachent. J’aimerais beaucoup l’avoir mais ne le trouve nulle part. Et il n’y pas de proposition sur le Net. 

Commune : Connaissez-vous beaucoup d’amateurs compulsifs ?

Thierry Bodin-Hullin : Oui. J’en connais quelques-uns. Et j’ai vu récemment sur Facebook un passionné qui a photographié sa bibliothèque Perec : elle est deux fois plus impressionnante que la mienne.

Commune :  Vous écrivez cependant dans une note de l’étape 49 : « Perec n’est qu’un prétexte ». Pouvez expliciter cette note ? 

Thierry Bodin-Hullin : Dans cette collection, ce n’est pas tant Perec qui m’intéresse que la personne qui écrit sur Perec. C’est le lecteur de Perec. Je voudrais savoir qui est ce lecteur, ce qui fait qu’à un moment il a été attiré par un livre, par l’ensemble de l’œuvre, peut-être même par le personnage de Perec, ou par ses films aussi. Perec est bien là, mais sa présence n’est pas prégnante. Il est là quelque part. Mais j’ai voulu laisser parler le lecteur, dire la relation intime et personnelle qu’il a à l’œuvre de Perec. 

Commune : Le projet Perec 53 peut se résumer en quelques mots et nombres : « Dire son Perec en 53 livres de 53 pages par 53 artistes ». Comment avez-vous choisi les collaborateurs artistes ? 

Thierry Bodin-Hullin : Je ne les connais pas encore tous. C’est un projet dans le temps. Il va s’étaler sur quelque dix ans. Je me verrais mal dire à un auteur aujourd’hui : « Ce serait pour dans huit ans ou neuf ans ». Je n’ai donc pas toute ma liste. Mais je la construis, pas à pas. Et comme pour L’œil ébloui, c’est moi qui ai tendance à aller vers les gens, à les solliciter. Je me suis fait une liste d’environ 120 artistes potentiels qui à un moment ou à un autre ont évoqué une relation plus ou moins forte à un livre de Perec. La liste est alimentée par des conseils, des suggestions. Et depuis le lancement de la collection, je reçois de plus en plus de sollicitations.

Commune : Le projet se déroulera sur 10 ans. Connaissez-vous le titre ou l’auteur du dernier ? Ou à mi-parcours du 26° ? 

Thierry Bodin-Hullin : Oui pour le dernier, mais je n’ai pas envie de le dévoiler. Le 26e, je ne sais pas encore, mais il y a des chiffres-clés. Le 26e c’est le basculement dans la seconde partie. Qui en sera l’autrice ou l’auteur ? Je peux juste vous révéler qu’il pourrait y avoir des numéros doubles, voire un numéro triple. Ici encore à des moments-clés du développement de la collection.  Mais rien n’est décidé.

Commune : L’œuvre de Perec relève-t-elle principalement de l’écriture autobiographique ? 

Thierry Bodin-Hullin : C’est une question très pertinente. J’ai envie de répondre « Oui ». On pourrait prendre n’importe quel livre de Perec et y déceler une trace autobiographique, même quand ce n’est pas évident. Le livre de Perec le plus emblématique est La Disparition, même si cela n’a pas été vu tout de suite. Mais on sait très bien que, même si ce n’était pas présent dans l’idée de Perec quand il a commencé l’ouvrage, qu’il parle de la disparition de ses parents, et notamment de la disparition de sa mère. Le « e » qui disparait du livre, on a pu le transformer en « eux ». Le récit est donc finalement pleinement autobiographique. Même si le récit est un roman policier où on cherche ce qui a disparu, en l’occurrence, sans le savoir, une voyelle. Et on pourrait faire ce constat sur chacun de ses ouvrages. 

Commune : Pourquoi commencer la Collection par 50 choses qu’il ne faut tout de même pas oublier de faire avant de mourir ?

Thierry Bodin-Hullin : A tout seigneur tout honneur. Je me voyais mal commencer sans lui. Je ne pouvais pas trouver un inédit. C’est chose quasi impossible, en tout cas, pas pour un petit éditeur comme moi. Et j’ai eu assez vite l’idée de la transcription radiophonique de cette émission de 1981. Cette émission est très touchante, car elle date de quatre mois avant sa mort. Des membres de sa famille m’ont dit avoir été très touchés de relire ce texte. Et y figure cette dernière formule : « Arrêter de fumer ». Et à ce moment-là, il ignore qu’il a un cancer. Ce pressentiment est terrible. 

Commune : En quoi l ‘inventaire, processus ou matrice cher à Perec et François Bon, et aux premiers auteurs sollicités est-il significatif de l’œuvre de Perec ? 

Thierry Bodin-Hullin : On rejoint la « tentative d’épuisement »3. Dans l’inventaire, il y a une volonté d’épuiser un thème. Et cela peut prendre toutes les formes possibles et imaginables. L’inventaire des lieux où on a couché. L’inventaire des aliments que l’on a mangés. L’inventaire d’un lieu parisien. Il y a une volonté d’épuiser les choses, quelquefois d’épuiser l’ordinaire, le quotidien. Et d’avoir une connaissance totale de l’existence par l’épuisement de l’ordinaire. 

Commune : Vous avez voulu aussi une identité visuelle et une typographie singulière, créées par l’agence nantaise de design Yokna. En quoi consiste identité graphique ? 

Thierry Bodin-Hullin : C’est une typographie de titraille qu’ils ont créée. Et pour les couvertures, je souhaitais qu’il y ait une couverture évolutive. Comme je créais une collection numérotée, de 1 à 53, je tenais à ce que l’évolution soit perceptible de 1 à 53. Evidement, j’ai retenu la plus belle de celles qu’ils m’ont proposée, ce clin d’œil à ce qu’on appelle la typographie du cavalier. Elle fait référence au jeu des échecs, et au déplacement du cavalier. Perec lui-même avait utilisé ce déplacement pour construire l’enchainement des chapitres dans La Vie mode d’emploi. Dans le roman, Perec a 100 chapitres, plus précisément 100 – 1. Sur une grille de 10 sur 10, Perec avait dessiné le passage du cavalier sur toutes les cases de la grille sans jamais repasser par la même case. Et à un moment, on couvre l’ensemble de la grille. C’est un jeu complexe qu’on ne découvre pas tout de suite. Et l’enchainement du parcours crée l’enchainement des chapitres dans le roman. On a voulu faire un parcours analogue sur la couverture. Ici c’est une grille de 6 sur 9 (6×9=54). 53 c’est 54 – 1. Et on a fait marcher ce cavalier de case en case. Et de couverture en couverture, apparait à chaque fois une case blanche, trace du cavalier qui se déplace, pour arriver à la case 53 où il ne restera plus qu’une seule case de couleur.


50 choses qu’il ne faut tout de même pas oublier de faire avant de mourir,
 Jacques Bens & Georges Perec, mars 2024 – 53 pages, 12 euros

Commune : N’encourez-vous pas le reproche, ne courez-vous pas le risque de l’entre soi ? D’une collection de spécialistes de Perec pour des spécialistes de Perec ? 

Thierry Bodin-Hullin : J’ai conscience de ce risque. Mais je sais que la collection va comporter une grande diversité de formes et d’expressions. Le François Bon [n°3 de la série] s’adresse peut-être plus à des connaisseurs de Perec. Mais cela n’est pas gênant dans la mesure où d’autres visions, moins érudites, sont proposées. Et un de mes objectifs, déjà atteint si j’en crois les témoignages, c’est que des lecteurs viennent à lire Perec via la collection. Ainsi des personnes m’ont dit avoir voulu lire Espèces d’espaces ou Un homme qui dort par exemple. C’est pour moi un grand sujet de satisfaction. Et on me jugera au 53ème. Mais déjà avant. 

Commune : Dans Trajet Perec, vous insistez, me semble-t-il, sur le caractère tragique des écrits de Perec. Et je vous sens déçu/frustré/ agacé par l’approche ludique qui lui est associée. 

Thierry Bodin-Hullin : Je ne suis pas agacé par l’approche ludique de l’œuvre de Perec. Elle a été utilisée, elle a été exploitée. Des lecteurs en ont besoin pour eux-mêmes créer. Ils ont besoin de ce cadre-là. Mais ce n’est pas ce qui m’intéresse dans mon projet. Le jeu, le ludique pourront être présents, mais il faut qu’ils témoignent de la relation que l’on a avec Perec. Beaucoup d’approches différentes de son œuvre ont été utilisées. La littérature universitaire est impressionnante et toujours fertile. Il y a la voie ludique, oulipienne, très bien utilisée dans les ateliers d’écriture, entre autres. Et il y a une voie moins exploitée, qui est celle du point de vue du lecteur, quel qu’il soit. C’est sur ce chemin que je m’engage où on peut trouver de quoi créer et inventer en dehors des deux premières. 

Commune : Depuis votre mémoire sur La Vie mode d’emploi, comment a évolué votre intérêt pour Perec. Quel est le Perec que vous préférez aujourd’hui ? 

Thierry Bodin-Hullin : J’ai toujours un faible pour La Vie. Mais d’autres livres très différents, comme Un homme qui dort ou Espèces d’espaces m’ont toujours fasciné. J’ai redécouvert récemment, car je le redécouvre à chaque lecture, W ou Le Souvenir d’enfance. Voilà sans doute mon quatuor de tête. Je ne sais pas si c’est le tragique que je choisis ici ; c’est à coup sûr celui qui interroge sur soi. Un homme qui dort, voilà un livre que j’ai trouvé triste et dépressif, même si la fin laisse quelque espoir. Et la dernière partie de W où à partir des valeurs de l’olympisme on arrive à un système totalitaire, au camp de concentration, est d’une violence inouïe. Et la façon où la part autobiographique rejoint la fiction, c’est absolument poignant. 

Commune : Quelles sont vos relations avec l’Association Georges Perec ? 

Thierry Bodin-Hullin : D’excellentes relations. Je suis en contact régulier avec son président Jean-Luc Joly qui a été informé de mon projet : il m’a ouvert des portes et des contacts. J’ai aussi reçu des mots sympathiques de Claude Burgelin, auteur de la biographie de l’écrivain [Gallimard 2023]. Ce sont des encouragements pour moi. Car, au début, je ne savais si cela avait un sens de se lancer dans une telle aventure. J’avais besoin de savoir si je n’allais pas choquer, si je n’étais pas un imposteur. Tous les contacts que j’ai pris m’ont rassuré. Et je n’ai plus de doute aujourd’hui.

Commune : Est-ce que vous a aussi rassuré l’accueil que reçoit votre initiative ? 

Thierry Bodin-Hullin : L’accueil est superbe. Les commentaires et les petits mots que je reçois me confirment dans mon pressentiment : la relation que les lecteurs entretiennent avec l’œuvre de Perec ne se retrouve pas avec d’autres auteurs, en tout cas pas aussi familièrement. 

Commune : Je crois que l’intérêt pour cette collection vient de l’adéquation entre l’originalité du concept et l’originalité de l’œuvre. A un auteur aussi singulier que Perec correspond un projet totalement singulier. 

Thierry Bodin-Hullin : Cela me fait plaisir d’entendre cela. Oui peut-être. Mais ce n’est pas à moi de le dire. Ce que je sais c’est que ce projet m’apporte beaucoup et continuera à me nourrir encore longtemps. 

Commune : Sept titres sont parus ou vont paraitre cette année. On peut ajouter d’autres titres ou auteurs ? 

Thierry Bodin-Hullin : Les 4 premiers titres sont sortis en ce printemps 2024. Vous les avez cités. 3 autres à l’automne prochain avec des écrits de Claro (un subtil essai sur la traduction à partir de La Disparition), Anne Savelli (un récit autour du lien entre les lieux parisiens de ses propres écrits et ceux de Perec) et et Antonin Crenn (un roman qui nous entraîne sur les lieux de son enfance). En 2025, j’ai un projet qui me tient à cœur, avec Pierre Getzler4. Cet ami de Perec est un artiste peintre et photographe. J’ai pu grâce à sa fille me rendre dans son atelier où il m’a accueilli. Et nous nous sommes mis d’accord sur un au moins un projet qui s’annonce captivant. Un autre projet est en cours avec Sophie Coiffier, un livre au très beau titre L’Eternité comme un jeu de taquin. Eric Pessan va écrire pour la collection à partir d’un manuscrit de Georges Perec. Et l’association Perecofil, [création de broderie littéraire] proposera un opus très original.  Ce sont des brodeuses dont l’objectif est de broder sur des œuvres de Perec. Leurs lettres ont des codes couleurs et elles font des représentations abstraites soit d’un mot, d’un titre, d’un extrait… Pour la collection, elles ont créé tout un abécédaire perecquien brodé. Cela donne une idée de la diversité des formes qu’offrira la collection qui ne sera pas seulement limitée à l’écrit.  

Propos recueillis par Jean Jordy

La collection Perec 53 Dire /son/ Perec en 53 livres de 53 pages par 53 artistes 

Les 7 titres de l’année 2024 – Déjà parus

1. 50 choses qu’il ne faut tout de même pas oublier de faire avant de mourir, Jacques Bens & Georges Perec

2. Trajet Perec, Thierry Bodin-Hullin

3. L’espace commence ainsi, François Bon

4. Permutation, Yokna

– A paraître à l’automne 2024 :

5. Une seule lettre vous manque, Claro

6. Lier les lieux, élargir l’espace, Anne Savelli

7. Terminus provisoire, Antonin Crenn

  1. Pourquoi 53 dira-t-on ? Il faut lire l’opus n°2 de la collection pour comprendre ce nombre qui n’a rien d’aléatoire. Thierry Bodin-Hullin donne plus d’une – mais pas 53 – explications sur ce choix digne de Perec. Justification la plus simple : « C’est une allusion au dernier roman inachevé de Georges Perec publié à titre posthume et dont le titre est « 53 jours ». « 53 jours » entre guillemets parce que c’est le titre d’un titre, celui d’un manuscrit dont il est question dans le roman » (p 6).  Complexité très perecquienne de la mise en abyme !
    ↩︎
  2. Petite rue de Ménilmontant, à Paris, la rue Vilin déclarée insalubre est détruite dans les années 60. Elle est remplacée par un jardin. L’écrivain Georges Perec y a vécu enfant et avait, en 1969, projeté de décrire, douze ans durant, le devenir de ce lieu. 
    Voir absolument : En remontant la rue Vilin, 1992, film de Robert Bober, avec des textes de Perec et des références à Lieux, Espèces d’espaces, W ou la Disparition, La Vie mode d’emplo.
    ↩︎
  3. Tentative d’épuisement d’un lieu parisien est un récit de Georges Perec publié en 1975. Le 18 octobre 1974, Georges Perec s’installe au café de la Mairie, place Saint-Sulpice, à Paris. Pendant trois jours, à différents moments de la journée, Perec note tout ce qu’il voit. Il conduira une expérience similaire pour France Culture : ce sera une « Tentative de description de choses vues au carrefour Mabillon le 19 mai 1978 ». Lire et écouter ici
    ↩︎
  4. Pierre Getzler est dédicataire d’Espèces d’espaces de Georges Perec. ↩︎