MC² : qui a peur de l’art politique ?
Deux expositions qui se tiennent à Nice à quelques centaines de mètres l’une de l’autre reposent la question de l’art politique, question alternativement exaltée et déniée en fonction du rapport qu’établit chaque artiste entre l’élaboration subjective qui est la sienne et l’essence de l’art en tant que produit du travail social – pour parler comme Adorno. L’une affiche explicitement les choses, elle s’intitule « Chagall politique. Le cri de liberté » (Musée Chagall, Cimiez jusqu’au 16 septembre prochain, après Roubaix et Madrid) ; l’autre l’implique de manière induite en posant la question : « Qui a peur de Chantal Montellier ? » (Villa Arson, Cimiez, jusqu’au 25 août prochain). Continuer de lire MC² : qui a peur de l’art politique ?
Vincent disparaît, Gilles Moinot
Le roman Vincent disparaît, de Gilles Moinot (Calmann Levy) relate les quelques jours qui séparent le moment où Jean apprend le suicide d’un ami proche et son enterrement. Continuer de lire Vincent disparaît, Gilles Moinot
Au Musée de la Libération de Paris, le cinéma rouvre la querelle
Le Musée de la Libération de Paris propose, jusqu’au 22 septembre, l’exposition « “Paris brûle-t-il ?”. Quand le cinéma réinvente la Libération ». François Albera analyse et interroge ici les ressorts idéologiques du « péplum gaulliste » de René Clément, ainsi que ceux de l’exposition que lui consacre le Musée. L’enjeu : l’invisibilisation du mouvement populaire et du rôle des communistes. Continuer de lire Au Musée de la Libération de Paris, le cinéma rouvre la querelle
Le siège de Leningrad (1941-1944) : l’historiographie impossible ?
Les éditions Tallandier publient un livre sur un sujet rarement évoqué en France : le siège de Leningrad par la Wehrmacht en 1941-1944 et les atrocités subies à cette occasion par la population de la ville. Mais l’ouvrage de Sarah Gruszka, issu de sa thèse et centré sur la lecture des journaux intimes des assiégés, déçoit. Continuer de lire Le siège de Leningrad (1941-1944) : l’historiographie impossible ?
Royaume Uni : un phénomène de rejet, l’urgence de la rupture
Beaucoup de commentateurs soulignent, au surlendemain des élections législatives britanniques, le « raz de marée travailliste ». Tant qu’à user de métaphores maritimes, ils feraient mieux de souligner l’extraordinaire reflux du parti conservateur. Car les chiffres sont sans appel : avec un taux de participation inférieur à 60%, le Labour, mené par le très modéré futur Premier ministre Keir Starmer, obtient une majorité absolue comme on n’en avait pas vu depuis des décennies tout en réunissant moins de voix que Jeremy Corbyn en 2017 ! Continuer de lire Royaume Uni : un phénomène de rejet, l’urgence de la rupture
Les Rois maudits de Druon fêtent bientôt leurs soixante-dix ans
L’immense Maurice Druon n’a que peu de cartes dans sa manche pour rester au goût du jour. Ce Résistant, neveu de Joseph Kessel et coauteur avec lui des paroles du magnifique Chant des Partisans n’intéresse guère notre époque. Comment le pourrait-il, lui qui fut un académicien rétif aux « innovations » langagières, un dinosaure archi-conservateur favorable à la peine de mort, un récipiendaire oublié du Prix Goncourt pour son roman Les grandes familles ? C’est méconnaître le monument dont il a publié voici bientôt soixante-dix ans le premier jalon : Les Rois maudits. Continuer de lire Les Rois maudits de Druon fêtent bientôt leurs soixante-dix ans
Le retour de L’Oncle Silas
Pour le plus grand bonheur des amateurs de littérature gothique, les éditions Corti viennent de publier une très belle édition de L’Oncle Silas, chef d’œuvre de Sheridan Le Fanu. Continuer de lire Le retour de L’Oncle Silas
« Peur » de Dirk Kurbjuweit : autopsie de la misère allemande
Les hommes qui affichent le plus volontiers leurs grands principes, dirait un moraliste morose, sont aussi bien souvent les premiers à les renier. Plus férocement encore, Hegel n’hésite pas à écrire que la belle âme a une face de cadavre. À croire qu’il avait anticipé, deux siècles ou presque avant, sur la mentalité d’une certaine bourgeoisie allemande qui sous un vernis de bonne conscience dissimule, y compris et d’abord à elle-même, ses troubles et ses obsessions. Continuer de lire « Peur » de Dirk Kurbjuweit : autopsie de la misère allemande
Théodore Rousseau, une politique du paysage
L’exposition, actuellement au Petit Palais à Paris, consacrée au peintre paysagiste Théodore Rousseau (1812-1867), sous le titre « La voix de la forêt », demeure modeste (une cinquantaine d’œuvres) ; elle ne réédite pas les expositions monographiques qui se sont multipliées depuis 1967 (Musée du Louvre pour le centenaire de la mort de l’artiste), en particulier aux États-Unis et au Danemark en 2016-2017 – sans passer par la France Continuer de lire Théodore Rousseau, une politique du paysage
Tassis Christoyannis : « Le chanteur lyrique porte des énergies sacrées »
Le baryton grec Tassis Christoyannis conduit dans son pays, en France et partout dans le monde une splendide carrière d’interprète lyrique, tant sur la scène des opéras qu’en récital ou dans les studios d’enregistrement. Il vient de prendre de nouvelles responsabilités culturelles à Athènes. Et il révèle au cours du généreux entretien qu’il nous a accordé – plus d’une heure et demie ici abrégée – un autre aspect moins connu de son activité musicale. Continuer de lire Tassis Christoyannis : « Le chanteur lyrique porte des énergies sacrées »
Deux sans barreur, Dirk Kurbjuweit
Le roman Deux sans barreur, de Dirk Kurbjuweit, publié en France en 2005 (éditions Autrement), narre une amitié fusionnelle et propose à travers elle une double métaphore, celle de la complexe réunification allemande et celle de la vie même. Continuer de lire Deux sans barreur, Dirk Kurbjuweit
In memoriam Guy Goffette, par Hédi Kaddour
Le poète, écrivain et éditeur Guy Goffette, spécialiste de Verlaine et de Rimbaud, nous a quittés ce 28 mars. Son ami Hédi Kaddour, romancier et poète comme lui, lui rend hommage dans Commune en se remémorant quelques émouvants instants partagés. In memoriam Guy Goffette 28 mars 2024 : mort du grand Guy Goffette. Chaque fois qu’on me demande de parler d’un récent défunt, j’ai l’impression d’en … Continuer de lire In memoriam Guy Goffette, par Hédi Kaddour
Actualité de Georges Perec : « Une connaissance totale de l’existence par l’épuisement de l’ordinaire »
L’éditeur Thierry Bodin-Hullin, responsable des éditions L’œil ébloui, a conçu, étalé sur une dizaine d’années, un projet ambitieux et singulier. Confier à 53 artistes l’écriture de 53 livres de 53 pages disant la relation intime qu’ils entretiennent avec l’œuvre de Georges Perec. La collection Perec 53 1 est riche aujourd’hui de quatre titres que complétera à l’automne prochain la parution de trois nouveaux volumes. Thierry Bodin-Hullin a accordé à Commune un entretien précisant l’originalité du projet et son développement. Continuer de lire Actualité de Georges Perec : « Une connaissance totale de l’existence par l’épuisement de l’ordinaire »
Philippe Muray, derniers coups de génie d’un homo sinistrus
Les Belles Lettres viennent de publier les deux derniers tomes du journal intime du regretté Philippe Muray. Le grinçant auteur de L’Empire du bien, contempteur d’une époque dont il a su comme nul autre traquer les ridicules, consigne ses pensées personnelles des années 1994 à 1997 dans ces volumes lugubrement intitulés Ultima necat. Voici les coups de griffes terminaux d’un critique littéraire aussi lucide qu’atrabilaire. Continuer de lire Philippe Muray, derniers coups de génie d’un homo sinistrus
Arthur Nauzyciel : « Je crois que le théâtre peut crever de la vacuité de la langue »
Dans un entretien conduit par Vivian Petit, Arthur Nauzyciel, metteur en scène et directeur du Théâtre National de Bretagne, revient sur sa mise en scène des « Paravents » de Jean Genet. L’occasion pour lui d’expliciter son rapport à l’auteur et de partager, en filigrane, sa conception du théâtre. Continuer de lire Arthur Nauzyciel : « Je crois que le théâtre peut crever de la vacuité de la langue »
Alexandre Tharaud : « Face à un clavier de piano, on crée un théâtre »
La venue à Toulouse d’Alexandre Tharaud pour interpréter le Concerto Jeunehomme de Mozart avec l’Orchestre national du Capitole, la programmation de prochains récitals ici et là dans l’hexagone et aux États-Unis, la publication récente de son dernier enregistrement — les Concertos pour piano de Ravel —, la sortie le 6 mars du film d’Anne Fontaine Boléro sur la vie de Ravel dans lequel le pianiste français est à la fois conseiller artistique, interprète soliste et acteur, autant d’événements qui justifient notre désir d’interroger ce musicien ouvert à toutes les formes d’expression artistique. Continuer de lire Alexandre Tharaud : « Face à un clavier de piano, on crée un théâtre »
De Welles et Hitchcock à Scorsese : les Hauts de Bernard Herrmann (1911 – 1975)
Le compositeur Karol Beffa consacre un essai alerte et complet (Actes Sud, 2024) au musicien Bernard Hermann qui permet de le situer à sa vraie place, le sommet. Il complète la vision réductrice que le public cinéphile a du compositeur préféré d’Alfred Hitchcock. Continuer de lire De Welles et Hitchcock à Scorsese : les Hauts de Bernard Herrmann (1911 – 1975)
Shlomo Sand, retour à la solution à un seul État
Après les massacres perpétrés par le Hamas le 7 octobre dernier et la riposte sanglante du gouvernement d’Israël dont l’ampleur meurtrière inquiète jusqu’à la Maison-Blanche, comment vivre en paix ? Dans Deux peuples pour un État ? Relire l’histoire du sionisme (Éditions du Seuil), l’historien israélien Shlomo Sand, professeur émérite à l’université de Tel-Aviv, revient sur la solution à un seul État binational. Continuer de lire Shlomo Sand, retour à la solution à un seul État
Chardin sauvé, par Olivier Barbarant
Le tableau de Chardin « Le panier de fraises » devait quitter le pays, mis en vente pour un acquéreur étranger. Après une mobilisation décisive, il restera finalement en France, au Musée du Louvre. Voilà, écrit le poète Olivier Barbarant, « pour notre plus grande gratitude, toute la chair du monde concentrée dans quelques fruits ». Continuer de lire Chardin sauvé, par Olivier Barbarant
L’école en France aujourd’hui, entre la nostalgie des écrits et la peur des écrans
Mardi 5 décembre dernier, Gabriel Attal, alors ministre de l’Éducation nationale, annonçait l’arrivée d’une intelligence artificielle pour les lycéens à la rentrée 2024 : le plan MIA Seconde (« Modules Interactifs Adaptatifs » mis en place pour les élèves de seconde en France). Dans cette tribune, Romain Lancrey-Javal, ancien professeur de chaire supérieure en classes préparatoires littéraires, associé à la mise au point de l’un des projets concernés, revient sur les avantages et les risques de l’utilisation de ces technologies à l’école. Continuer de lire L’école en France aujourd’hui, entre la nostalgie des écrits et la peur des écrans
La Cérémonie, retour sur une entrée au Panthéon
Le poète Olivier Barbarant, spécialiste de Louis Aragon et membre du comité de rédaction de Commune, faisait partie des invités à la cérémonie de panthéonisation de Missak et Mélinée Manouchian. Il nous livre un témoignage éminemment personnel sur ce grand moment d’hommage à la résistance immigrée et communiste et aux héros de l’Affiche rouge. Continuer de lire La Cérémonie, retour sur une entrée au Panthéon
Emanuele Arioli, dénicheur de chevaliers arthuriens
Au mois d’octobre dernier, le médiéviste Emanuele Arioli, maître de conférences à l’Université des Hauts-de-France, publiait Ségurant, le roman disparu de l’un des chevaliers de la Table Ronde, qui a rencontré un immense succès. Commune s’est entretenu avec lui. Continuer de lire Emanuele Arioli, dénicheur de chevaliers arthuriens
Olga Bancic, la femme de l’Affiche rouge
Juive, résistante et communiste, Olga Bancic est la seule femme du groupe « Manouchian ».
À travers la panthéonisation de Missak et Mélinée, la France lui rend hommage aujourd’hui. Continuer de lire Olga Bancic, la femme de l’Affiche rouge
Claude, d’après Victor Hugo, l’opéra de Robert Badinter
En 2013, dans le cadre du festival Justice/Injustice de l’Opéra de Lyon dirigé par Serge Dorny, la création de Claude, opéra de Robert Badinter pour le livret d’après un récit de Victor Hugo et Thierry Escaïch pour la musique, dans la mise en scène d’Olivier Py, secoue les spectateurs, bouleversés par ce manifeste contre la peine de mort et la brutalité du système carcéral. Continuer de lire Claude, d’après Victor Hugo, l’opéra de Robert Badinter
In Memoriam Robert Badinter (1928-2024)
Robert Badinter, l’ancien ministre de la Justice de François Mitterrand et avocat, s’est éteint le 9 février dernier à l’âge de 95 ans. Continuer de lire In Memoriam Robert Badinter (1928-2024)
